
Christophe, 35 ans, boucher-charcutier
Passionné par son métier d’artisan charcutier, Christophe apprécie la qualité de vie permise par son activité. Il insiste sur les bons débouchés qu’elle offre et nous livre un scoop : de plus en plus de filles viennent à la profession !
Comment avez-vous décidé de devenir boucher ?
Au départ, je voulais être boulanger, mais je ne supportais pas les poussières de farine à cause de mon ashme. Mon oncle boucher m’a alors proposé un stage d’une semaine… Et voilà ! En juillet prochain, je fêterai mes 20 ans de métier, sans un jour de chômage (!), et aujourd’hui, je suis second de charcuterie dans une grande maison traditionnelle.
Comment se déroule la journée de travail d’un artisan charcutier ?
Tous les matins, j’attaque à 6 heures la fabrication des produits du jour : saucisses blanches, boudins… Puis j’enchaine avec les produits qui demandent une préparation plus longue. Ensuite, j’enfourne et je lance le programme des machines sophistiquées qui s’occuperont du reste avant de rentrer chez moi, vers 13 heures. Le lendemain, c’est prêt à être mis en boutique à mon arrivée ! Je ne travaille donc pas l’après-midi ce qui me laisse plein de temps libre !
Quelles sont les qualités essentielles pour travailler en boucherie ?
Notre responsabilité est de bien nourrir les gens : il faut avoir une bonne conscience professionnelle et ne jamais plaisanter avec les règles d’hygiène. Il est donc indispensable d’être propre sur soi. Il ne faut pas non plus être trop frileux : en boucherie, on travaille dans un environnement à 8-10°, et en charcuterie, à 15° !
Qu’est-ce qui est le plus difficile ?
L’image du boucher gros et tâché de sang ne correspond plus à la réalité : mon métier est moins dur physiquement que celui des ouvriers en bâtiment ! Il y a beaucoup moins de manutention qu’il y a 15 ans : l’équipement s’est adapté pour éviter au maximum de porter de lourdes charges. Du coup, les femmes commencent à venir au métier, et même si elles ne peuvent pas porter un arrière de bœuf de 130 kg, elles ont un toucher de main très apprécié, notamment en charcuterie.
Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?
J’aime la charcuterie, car cela demande plus de cuisine et de technique que la boucherie. Développer ce savoir-faire au quotidien est très agréable, et quand on a des commandes spéciales pour des banquets, c’est très gratifiant d’être au buffet et de servir les gens avec les produits qu’on a préparés.
Propos recueillis par Juliette Labaronne