Interviews

Sophie, 31 ans, conservateur-restaurateur des œuvres sculptées

Au sein du laboratoire Art-Nucleart du CEA à Grenoble, Sophie Champdavoine offre une nouvelle jeunesse aux œuvres sculptées…Un travail minutieux, qui exige des compétences à la fois scientifiques, techniques et artistiques.

En quoi consiste votre métier ?
Je prends en charge des sculptures abîmées, issues pour la plupart des collections des monuments historiques (églises, musées) et pour quelques unes de collections privées. J’établis un premier diagnostic, puis interviens pour les sauvegarder, c’est-à-dire enrayer les processus de dégradation dont elles font l’objet (attaques d’insectes, champignons, humidité…).

Concrètement, comment intervenez-vous ?
A l’atelier, nous pratiquons des désinsectisations par exposition aux rayons gamma : les sculptures sont placées dans une cellule d’irradiation puis sont exposées au rayonnement du cobalt 60, qui émet un rayonnement gamma. Ce procédé, unique en France, est le seul qui permette de stopper les attaques biologiques que subissent les sculptures. Mais mon rôle ne s’arrête pas là.

Pouvez-vous préciser ?
Souvent, les sculptures ont été repeintes à plusieurs reprises (parfois jusqu’à 22 fois). Je les étudie donc minutieusement pour identifier toutes les phases par lesquelles elles sont passées. C’est un travail de détective, qui permet de reconstituer leur histoire. Ensuite, je fais des propositions d’intervention de restauration, qui sont discutées entre les conservateurs, les propriétaires de l’œuvre et le restaurateur.
Parfois, il s’agit simplement de refixer les écailles de peinture avec de l’adhésif réversible ou bien d’effectuer des retouches à l’aquarelle. Dans d’autres cas, on peut aller beaucoup plus loin : lorsque les sculptures ont été peintes plusieurs fois, on met les différentes phases à nu et on détermine celle qui est la plus intéressante, celle qu’on veut faire renaître au grand jour.

A quand remonte votre intérêt pour cet univers ?
Petite, je baignais dans le milieu artistique. Mon père était professeur d’arts plastiques et artiste-peintre. A l’âge de 16 ans, j’ai rencontré un restaurateur, qui m’a proposé de venir le voir travailler dans son atelier. En l’observant, j’ai su tout de suite que c’était ça que je voulais faire. Cela a été un vrai déclic. J’encourage d’ailleurs tous les jeunes, qui sont intéressés par un domaine, à venir rencontrer des professionnels. C’est ainsi que peuvent naître des vocations.

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ?
Mon travail est varié, à la fois technique, scientifique et artistique. Enthousiaste et manuelle, j’adore l’idée de prendre une Å“uvre en charge, l’étudier, la faire connaître aux autres et lui rendre, à la fin, toute son intégrité et son histoire. A chaque fois, c’est une nouvelle découverte, une nouvelle aventure !

Propos recueillis par Véronique Gérardin

© photo CEA

  • Formation
  • Plus d'infos

Bac S
+ licence d’histoire de l’art

+ entrée sur concours à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Tours où elle suit pendant 5 ans le cycle conservation-restauration des œuvres sculptées.

Elle exerce sa profession en indépendant pendant deux ans avant de rejoindre le laboratoire Art-Nucleart.

Son salaire : 1800€ nets

 


Conseils d’orientation personnalisés

Tu te poses des questions quant à ton orientation et ton futur métier ? Pas de panique ! Pierre et Stéphane, nos deux conseillers d’orientation en ligne t’apportent leur expertise en la matière. Ce service est gratuit et réservé aux membres du Club Imagine ton futur. Tu n’es pas encore inscrit(e) ? Plus une minute à perdre !

Es-tu individualiste ou solidaire ?

Vite on a besoin de ton aide... Que fais-tu ? Tu te précipites sur ton cheval blanc ou tu pars en courant ?