
Daphné, chanteuse
Chanteuse primée
Son premier album, Emeraude, était resté confidentiel. Avec Carmin, un disque envoûtant, Daphné vient de rafler le prix Constantin. Un possible tremplin pour les Victoires de la Musique…
Ce prix a-t-il changé quelque chose pour toi ?
Daphné : Il est moins connu que les Victoires de la Musique, mais j’ai vu une différence, notamment dans la fréquentation des salles de concert. D’un album à l’autre, mon public s’est multiplié. Certaines salles affichent complet. C’est extraordinaire ! Maintenant, quand je vais sur scène, j’ai peur de décevoir.
Tu as pu enregistrer un second album, alors que c’est la guerre dans les maisons de disque où l’on vire les petits vendeurs…
Daphné : C’est sûr, le cadre est plus restrictif qu’avant, mais moi, je n’ai pas connu cette époque. Je ne sais pas encore ce qui va se passer avec les nouveaux médias et cette nouvelle façon de vendre la musique. Moi, on m’a encouragée dès le départ, me laissant carte blanche autant sur les chansons que pour le graphisme de l’album. Avec ce métier, je n’ai jamais l’impression d’aller au travail.
Comment crées-tu tes chansons ?
Daphné : J’entends régulièrement dans ma tête des mélodies et des paroles. Comme je ne joue d’aucun instrument, j’enregistre sur un quatre-pistes, ou bien, si je suis dans la rue, sur la messagerie de mon téléphone ! Je passe pas mal de temps sur les textes. Ensuite, avec mon arrangeur, on parle des parties instrumentales, de l’ambiance. J’essaie de me plonger dans l’émotion de la chanson, en faisant référence à des images picturales et cinématographiques. Ça me permet de mieux communiquer sur ce que j’ai en tête.
Propos recueillis par Catherine Attia-Canonne
(© photo : Claude Gassian)