
Denis, neuroradiologue
« C’est comme si je pilotais une F1 ! »
Denis Herbreteau exerce la médecine du futur. Il est neuroradiologue. Portrait d’un passionné, humain et fou de technologie…
D’où vient cette vocation pour la médecine ?
Je suis tombé dedans quand j’étais petit. Mon père était médecin généraliste à la campagne et j’ai passé beaucoup de temps avec lui au cabinet, parfois pendant les consultations ! Cela me passionnait.
C’est cette même passion qui vous a conduit là où vous êtes aujourd’hui ?
Oui tout à fait ! Lors de mes études, j’ai découvert l’imagerie médicale*, et toute cette nouvelle technologie qui commençait à être utilisée… Je me suis lancé.
Pourquoi ne pas avoir alors fait chirurgie où les technologies sont aussi très présentes ?
Lors de mes stages en chirurgie, je trouvais que le métier en lui-même n’était pas assez « intellectuel » et dommage que le chirurgien soit obligé « d’ouvrir » pour voir et réparer. C’est la démarche inverse qui m’a conduit vers la radiologie. On peut voir et diagnostiquer sans opérer. Aujourd’hui mon métier me permet d’allier les deux côtés de la médecine : je vois ET j’opère !

Justement, concrètement, être « neuroradiologue », c’est quoi ?
C’est utiliser l’imagerie médicale* pour réaliser des interventions chirurgicales minutieuses dans le cerveau des patients… Les scanners et les IRM me permettent de voir exactement où je vais opérer et l’étendue des lésions. Je suis assisté technologiquement, car le cerveau est une zone très fragile et il faut être très minutieux… C’est de la microchirurgie ! Et l’on n’a pas le droit à l’erreur, un peu comme si je pilotais une Formule 1 ! Bien souvent j’interviens sur des pathologies très graves comme des anévrismes (dilatation d’un vaisseau sanguin, qui peut se rompre et provoquer une hémorragie cérébrale) qui mettent mes patients en danger de mort !
Comment voyez-vous l’avenir de la médecine (grâce à toute cette technologie) ?
À voir tous les progrès effectués depuis 10 ans, on peut être confiant dans l’avenir ! Avant je mettais huit heures pour opérer un anévrisme… Aujourd’hui cela me prend 30 minutes. Et si aujourd’hui on opère tout de suite les patients, dans l’avenir on pourra faire des simulations pour gagner en efficacité. On pourra aussi utiliser une sorte de GPS** pour mieux guider nos instruments dans le corps de nos patients… Les nouvelles générations qui ont grandi avec les ordinateurs et les jeux vidéos sont plus à l’aise que les autres avec l’imagerie médicale en 3D… La relève est assurée !
* Et aussi…
Toutes les technologies de pointe qu’utilise Denis pour ses interventions ont fait l’objet de plusieurs années de recherche et de mise au point. Ce domaine s’appelle l’Imagerie Médicale. Alors si tu es passionné par les nouvelles technologies, les sciences et l’informatique, tourne vite la page ! Imagine Ton Futur t’ouvre les coulisses du CEA qui met au point les technologies de la médecine de demain !
** Appareil connecté à un ensemble de satellites et permettant de se positionner précisément sur la Terre.