
Florence, 36 ans, maquilleuse pour le cinéma
« Le maquillage c’est une vocation, on y arrive à force de travail et d’acharnement ! »
Florence est coiffeuse sur les tournages de cinéma. Elle a travaillé avec Popule sur le tournage du film « Le prix à payer » d’Alexandra Lalère. Je l’ai rencontré lors d’une séance maquillage avec Johanna, une des figurantes du film.
Pourquoi as-tu choisi le métier de maquilleuse ?
Florence : Comme Popule, j’ai voulu embellir les gens. Ce qui me plaît aussi dans mon métier c’est le changement, il faut toujours tenir compte de facteurs extérieurs qui rendent mon travail toujours différent. Je travaille par exemple sur la lumière, le temps... Le maquillage doit s’adapter et se fondre à la situation. Puis, je touche vraiment la personne au sens propre comme figuré.
Pendant qu’elle maquille Johanna, Florence n’arrête pas de lui demander de regarder d’un côté puis de l’autre. Le défi de Florence est de faire en sorte que Johanna soit maquillée exactement de la même manière que la veille, avec la lumière et le temps qu’il faisait à ce moment-là .
Cela doit être difficile de travailler avec des facteurs aussi changeants que le temps et la lumière !
Florence : Effectivement. Mais en même temps si mon métier était facile, ça ne serait pas marrant ! C’est avec les années et les expériences que l’on apprend. Toute la difficulté de mon travail c’est de rendre l’image fluide malgré les coupures. Le spectateur ne doit pas percevoir des changements brusques dans le maquillage des acteurs.
Choisis-tu comment maquiller les acteurs sur un film ?
Florence : Sur ce tournage, je fais un peu comme je le ressens mais il arrive parfois que je réponde aux demandes du réalisateur. Le métier de maquilleuse au cinéma fait partie d’un véritable travail d’équipe. C’est aussi ce qui rend mon métier intéressant, on travaille toujours avec des pros différents. C’est une sorte de chaîne humaine !
Quelle a été ta formation pour en arriver là ?
Florence : En fait, après mon bac littéraire, j’ai fait une école de cinéma et d’effets spéciaux. Une fois mon diplôme en poche, j’avoue que j’ai eu beaucoup de chance ! J’ai trouvé très rapidement un travail sur un tournage et depuis, je n’ai jamais lâché ! Mais je fais partie de ces personnes qui pensent qu’on n’apprend pas un métier artistique dans une école. On devient un professionnel en pratiquant !
Comment fais-tu pour trouver des tournages ?
Florence : Ce n’est pas évident ! Il y a de moins en moins de films qui se tournent. Il ne reste plus que les grosses productions qui embauchent peu de personnes. Et à ce titre, savoir parler plusieurs langues est indispensable. Anglais, Espagnol, Portugais… ça me permet d’accepter plus de missions. Mais si un jour, il n’y a plus de travail dans le cinéma, j’irais travailler dans un institut même si cette perspective ne m’enchante pas.
Quelles sont pour toi les qualités d’une bonne maquilleuse ?
Florence : Il faut être créative, sérieuse, consciencieuse, apprécier le travail en équipe et le changement. Et comme je le disais précédemment, la maîtrise de langues étrangères peut faire la différence.
Le maquillage est un métier qui plaît, que conseillerais-tu à nos lecteurs ?
Florence :Le maquillage est effectivement un métier qui fait rêver ! Mais il ne faut pas oublier la réalité, le quotidien. C’est avant tout une vocation. On y parvient à force de travail, de persévérance et d’acharnement.