
Pierre, 63 ans, généticien
Après avoir travaillé quinze ans à l’étranger, Pierre a intégré l’équipe d’un laboratoire en recherche fondamentale au CEA. Généticien, il étudie le fonctionnement des cellules humaines à partir des levures de boulangerie.
En quoi consiste votre métier ?
En tant que directeur de recherches, je co-dirige une équipe d’une douzaine de personnes. Nous essayons de comprendre le fonctionnement des gènes en travaillant sur de la levure de boulangerie. Cela peut paraître étrange, mais il y a beaucoup de ressemblances entre les cellules du corps humain et celles des levures ! Depuis le début de ma carrière, j’ai toujours étudié cela, en abordant différents aspects du fonctionnement cellulaire… C’est passionnant !
Comment fonctionne votre équipe ?
Nous sommes trois chercheurs à animer l’équipe, il y a deux techniciens, deux ou trois thésards et un ou deux post-doctorants. Il y a beaucoup d’échanges entre nous : nous préparons et analysons les expériences ensemble. Chacun à son mot à dire. Il y a un bon esprit et une ambiance sympathique. Cette vie d’équipe, quand elle fonctionne bien, est un des plus beaux aspects du métier.
Qu’appréciez-vous particulièrement dans votre profession ?
Tout d’abord, je travaille dans la recherche fondamentale dont l’unique but est d’acquérir des connaissances. Je suis donc relativement libre. C’est moi qui choisis les sujets d’études, je possède une véritable indépendance intellectuelle : c’est inappréciable. Je suis également en contact avec des chercheurs du monde entier : nous échangeons des mails régulièrement au sujet de nos dernières découvertes. Ces contacts internationaux sont très enrichissants. Enfin, les techniques de laboratoire évoluent sans cesse. J’aime ce renouveau perpétuel.
Qu’appréciez-vous le moins ?
C’est un métier très prenant. Je fais des semaines de 50 heures, la vie personnelle en souffre… Et puis, les débuts dans la profession sont assez difficiles : plusieurs années d’expériences sont nécessaires avant d’obtenir un poste fixe, il faut avoir les nerfs solides.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent travailler dans la recherche ?
Je conseille aux jeunes de bien maîtriser l’anglais, c’est unes des grandes faiblesses des chercheurs français. Après mon doctorat (en Belgique), j’ai travaillé deux ans en Allemagne, sept ans en Suisse et deux années en Ecosse, avant de m’établir en France. Il est important, voire essentiel, de travailler dans des laboratoires étrangers. Peu de jeunes le font et je trouve cela dommage. Pour travailler dans la recherche, il faut surtout être manuel, avoir le sens de l’équipe, savoir écouter et être exigeant vis-à -vis de soi-même.
Consulte les vidéos de la conférence CYCLOPE JUNIORS « La génétique, entre craintes et espoirs » du 25 septembre 2007
Propos recueillis par Diane Dussud