Interviews

Hélène, 38 ans, ingénieur chercheur au laboratoire "Risques sismiques et géologiques"

Hélène est passionnée de Sciences de la Terre. Elle travaille au laboratoire "Risques sismiques et géologiques". Sa mission : réaliser des simulations les plus fiables possible afin de prévenir l’arrivée de tsunamis.

En quoi consiste votre métier ?

Je travaille au laboratoire de "Risques sismiques et géologiques". Mon objectif est d’améliorer la prévention des tsunamis. J’intègre les données décrivant les côtes exposées ainsi que les observations de tsunamis historiques dans des grilles de calculs, et les modélisations réalisées, avant l’arrivée d’un tsunami, aident à mieux les connaître et mieux les prévenir.

Pourquoi travailler dans ce domaine ?

Les sciences de la Terre m’ont toujours passionnée ! J’ai intégré l’une des écoles d’ingénieurs spécialisée en géophysique. À 20 ans, j’avais déjà envie de me tourner vers la recherche, mais c’était encore flou…

Est-ce que le tsunami de Sumatra de décembre 2004 a changé quelque chose dans votre travail ?

Oui, parce que de nouveaux projets ont pu être financés, et parce que nous avons été très sollicités, scientifiquement et médiatiquement. Concrètement, l’événement a entraîné une prise de conscience du risque tsunami et de la vulnérabilité de certaines côtes, et a souligné le besoin d’avoir des outils performants afin de prévenir de tels phénomènes. Suite à cela, beaucoup de projets pour étudier des tsunamis se sont montés. Des industriels et des centres de recherches nous commandaient déjà des simulations à faire sur tel ou tel secteur exposé, maintenant ce sont les projets de recherche qui ont été relancés. Un projet européen a même vu le jour ! De plus, de nombreuses observations ont pu être recueillies, pendant et après le tsunami. Aujourd’hui encore, nous n’avons pas terminé de les analyser ! Cela va me permettre d’intégrer encore plus de paramètres dans la grille de calculs, les simulations vont donc devenir plus précises.





 

Légende : simulation numérique pour la reconstitution du tsunami de Sumatra, et tout l’Océan Indien, de décembre 2004. Images 1, 2 puis 3 heures après la secousse.

Comment se compose votre équipe ?

Pendant mes premières années d’activité, nous étions une à deux personnes sur le sujet. Aujourd’hui, j’encadre une équipe composée de stagiaires, de post-doctorants et de jeunes chercheurs en CDD. Ce qui représente en tout six/sept personnes.

Qu’appréciez-vous le plus dans votre métier ?

Travailler sur les tsunamis : c’est un thème passionnant. J’apprécie également la diversité des domaines sur lesquels je travaille : sismologie, simulations numériques, Sciences de la Terre… J’aime aussi le fait de collaborer avec des chercheurs Français et Européens : c’est très enrichissant.

Et qu’appréciez-vous le moins ?

Quand un chercheur commence à prendre des responsabilités et à encadrer des stagiaires, post-doctorants, il a de lourdes tâches administratives. Il faut suivre les travaux des chercheurs, rédiger les cahiers des charges des différents projets, les comptes-rendus de réunions, des articles pour des revues scientifiques, communiquer autour des différents travaux… Tout cela représente plus de la moitié de mon temps !

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent travailler dans ce domaine ?

Il faut évidemment être passionné et bon élève en Sciences de la Terre, physique, mathématiques appliquées. Mais il faut également bien analyser ce que l’on veut faire plus tard. Il faut être persévérant, aller jusqu’au bout de ses rêves. Réaliser une thèse, y compris après une école d’ingénieurs, est la voie classique pour travailler dans la recherche, et c’est très formateur pour mieux en appréhender les métiers.

Par Diane Dussud

  • Formation
  • Plus d'infos

Bac scientifique
+ école d’ingénieurs en géophysique
+ DEA et thèse de géophysique

-  Expo « Séismes et tsunamis » du Palais de la découverte, qui se déplace pendant les travaux, de mi septembre à mi novembre sur le site de l’Andra à Bures, puis de mi décembre à mi mars à Saint Pierre de la Martinique et d’avril à mai 2009 en Guadeloupe puis en Italie de juillet à novembre 2009. (plus de précisions pour 2009 dès que possible)

-  Livret pédagogique « Les séismes » : clique ici

 


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