Interviews

Mathieu, 34 ans, ingénieur de recherche en mécanique

Spécialiste de la détonique (étude des explosifs et de la propagation des chocs), Mathieu a imaginé et développé un dispositif de sécurité ingénieux, qui pourrait permettre de sauver du naufrage bien des marins.

D’où vient votre intérêt pour la détonique ?

J’ai toujours été attiré par l’aéronautique, ainsi que par les explosifs (poudres à propulsion). Dans ma jeunesse, avec un ami d’enfance, on construisait des micro-fusées à poudre et on les lançait. Plus tard, pendant mon DEA, j’étais rattaché à un laboratoire où j’ai pas mal travaillé sur la détonique.

Vous vous consacrez depuis 18 mois au projet Néréus. De quoi s’agit-il ?

Suite au naufrage du chalutier breton Bugaled Breizh en janvier 2004, je me suis demandé pourquoi les bateaux qui trainent des chaluts ou des dragues n’avaient aucun moyen de les larguer instantanément en cas d’accident. J’ai donc eu l’idée de créer un outil de sécurité pour les navires de pêche. On a baptisé ce projet Néréus, du nom d’un dieu de la mer gréco-romain, qui avait des facultés prémonitoires.

Comment avez-vous procédé ?

On s’est appuyé sur nos connaissances en détonique et en simulation numérique. Aujourd’hui, on arrive à faire des calculs extrêmement fiables, qui nous permettent de concevoir des prototypes qu’on teste ensuite en labo. Là, on a mis au point un sectionneur pyrotechnique, couplé à des capteurs. Ceux-ci mesurent la tension des câbles et le gite du navire. Lorsqu’ils détectent une situation dangereuse, ils déclenchent le dispositif, l’explosif déploie alors une pièce métallique qui vient couper les câbles. Grâce à ce procédé, on espère sauver des marins du naufrage.

Quels sont aujourd’hui vos projets ?

Actuellement, nous développons un prototype fonctionnel qu’on aimerait tester sur un bateau au cours du premier trimestre 2007. Des patrons de pêche sont prêts à faire l’expérience. Personnellement, j’envisage de créer une entreprise pour commercialiser ce dispositif et ainsi passer de la recherche à l’industrie.

© photo D.R

  • Formation

Bac S (scientifique)

+ classes préparatoires Maths Sup Techno (2 ans)

+ Ecole Nationale Supérieure de Mécanique et Aérotechnique (ENSMA, à Poitiers, 3 ans)

+ DEA en aérodynamique, combustion et thermique.

 


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