
Marie, 37 ans, vétérinaire
Pour Marie, vétérinaire en région parisienne, son métier jouit d’une image un peu trop idéalisée. Elle nous décrit la réalité de sa profession, ses difficultés, ses joies, et modère toutes les idées reçues. En plus de l’amour qu’il porte aux animaux, un bon vétérinaire doit veiller aux rapports humains et aux liens de l’animal avec son maître.
Comment êtes-vous devenue vétérinaire ?
Mon parcours est un peu atypique. Je suis entrée à l’école vétérinaire de Maisons-Alfort avec l’idée de soigner des chevaux et et j’avais perdu l’envie de m’occuper d’animaux. J’avais, au départ, une vision naïve du métier : je croyais que l’amour des animaux était la qualité primordiale pour pouvoir les soigner. Je me suis alors demandée si je ne m’étais pas trompée d’orientation. J’ai alors intégré une école d’agro puis j’ai travaillé dans le service Hygiène et Qualité dans une entreprise qui confectionne des repas pour les avions. Mais ma volonté de côtoyer des animaux a été plus forte. Pour me remettre à niveau, j’ai entrepris des stages dans des cliniques spécialisées puis des remplacements. Il y a six ans, j’ai enfin pu créer ma propre clinique avec une associée et je soigne depuis une clientèle canine (chiens, chats et petits animaux de compagnie).
Comment se déroule une journée type ?
Chaque jour, je reçois une dizaine d’animaux. Il y a deux sortes de consultations : tout d’abord la visite annuelle, j’examine l’animal, j’écoute les problèmes, je vérifie que les vaccins sont à jour. L’autre type de visite concerne les animaux que je reçois car ils sont malades. J’établis alors un diagnostic. Certains cas nécessitent une opération, pour une castration par exemple. L’animal est alors hospitalisé dans mon cabinet qui abrite aussi un bloc opératoire et une salle radio. Je suis aussi amenée à euthanasier les animaux en fin de vie, un acte douloureux mais très important dans l’accompagnement de l’animal et de ses maîtres. C’est un aspect difficile de mon métier, loin de la vision idyllique que l’on peut s’en faire. Et quand j’ai du temps, je calcule les recettes et je gère le stock de médicaments (achats à la centrale, ventes aux clients...).
Quelles sont les qualités pour être un bon vétérinaire ?
Avec les animaux, je me dois de rester calme, de ne pas avoir peur d’eux pour bien les manipuler et les rassurer car ils ont tendance à être nerveux quand ils vont chez le vétérinaire. Il est indispensable d’avoir une grande technicité et de maintenir ses connaissances médicales à jour. L’écoute est une qualité indispensable, il ne faut jamais négliger les maîtres et leur inquiétude. Être capable de mettre fin à la vie d’un animal, n’est pas chose aisée, j’ai appris à garder de la compassion sans trop m’impliquer pour me protéger aussi. Tout cela en prenant en compte la peine des maîtres et le lien spécifique qu’ils ont avec leur animal.
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui voudrait suivre votre voie ?
Pour qu’il se fasse une idée, il doit passer de son propre chef quelques jours chez un vétérinaire. Je reçois des jeunes à mon cabinet. Quand ils ont vu à quoi ressemblait réellement le métier, 9 sur 10 ne veulent plus devenir vétérinaire (rires) !
Par Mathieu Robert