Interviews

Rodolphe, 42 ans, gestion de partenariats en robotique

C’est à l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées que Rodolphe a découvert l’univers de la robotique. Après plusieurs stages, il a rejoint le CEA. Depuis deux ans, il met en relation chercheurs et entreprises afin de valoriser la recherche dans ce domaine.

En quoi consiste votre métier ?

J’ai longtemps travaillé dans la robotique. Aujourd’hui, je développe des partenariats avec des entreprises ; je mets en relation les chercheurs et les industriels. Les équipes de robotique et de réalité virtuelle travaillent sur des projets qui ont une viabilité et un grand intérêt économique : c’est du concret ! Je communique les résultats des recherches aux entreprises susceptibles de les exploiter. Je fais également remonter aux chercheurs les besoins des industriels, ce qui leur permet d’orienter les recherches.
Je suis également amené à rédiger des articles dans des publications scientifiques et à animer des conférences dans le domaine de la robotique.


Quels partenariats avez-vous construits ?

Nous avons monté un partenariat avec l’association Approche, qui fait la promotion des nouvelles technologies pour les personnes handicapées. Les chercheurs ont développé un robot mobile avec un bras qui recherche de façon automatique un objet demandé. C’est une réelle satisfaction de pouvoir améliorer le quotidien de ces personnes !
Je travaille également sur un grand projet : avec des chercheurs de toute l’Europe, nous établissons une feuille de route pour dessiner les grandes lignes et définir les étapes d’un plan d’action destiné à développer la robotique. Le Japon se présente en maître conquis dans ce domaine, mais l’Europe a les moyens de rivaliser !

Pourquoi la robotique ?

Au début, je voulais travailler dans l’aviation. Mais je n’ai pas pu intégrer l’école d’ingénieurs adéquate. J’ai alors rejoint l’école Nationale des Ponts et Chaussés, j’y ai découvert l’informatique et la robotique. Cela m’a passionné ! J’ai alors réalisé des stages qui ont conforté mon envie d’évoluer dans ce secteur.

Qu’appréciez-vous le plus dans votre métier ?

J’aime le contact humain, être à l’écoute des chercheurs et des industriels. Mettre en avant des technologies développées par nos chercheurs et essayer de trouver les applications dont les entreprises ont besoin sont des missions qui me plaisent beaucoup !


Et qu’appréciez-vous le moins ?

L’aspect recherche me manque, et je regrette que les journées ne soient pas plus longues car j’ai beaucoup à faire. La principale difficulté que je rencontre est le problème d’échelle de temps. Beaucoup d’entreprises souhaitent développer rapidement de nouvelles technologies, alors que cela demande au moins 3 années de recherches amont. Les industriels doivent réfléchir sur le long terme et ce n’est pas forcément dans leurs habitudes. D’où l’intérêt de proposer des partenariats sur plusieurs années.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui souhaitent travailler dans ce domaine ?

Travailler dans la recherche implique souvent de longues études et une expérience à l’étranger. C’est important pour un chercheur d’être confronté à différentes méthodes de travail. La gestion de partenariats demande, quant à elle, une grande capacité d’organisation, un bon relationnel et des qualités de manager.

Voir le clip vidéo réalisé au service de la réalité virtuelle, cognitive et interface

Propos recueillis par Diane Dussud

Légendes photos :
1ère photo : un portrait « en situation » dans l’une des salles de réalité virtuelle de Fontenay-aux-Roses (© P.Stroppa/CEA).
2ème photo : bras robotisé développé dans le cadre du partenariat Approche (© F.Rhodes/CEA).

  • Formation

Bac scientifique

+ classe préparatoire

+ Ecole Nationale des Ponts et Chaussés

+ DEA intelligence artificielle.

 


Bonjour Rodolphe ! Je suis en 1ère S et je veux travailler dans la robotique, j'adore ça ! Après mon bac j'aimerais faire une école d'ingénieurs, est-ce que tu peux m'en conseiller une ? Je voulais aussi savoir quels stages tu as fait quant tu étais étudiant et si c'est facile d'en trouver ? Merci pour tes réponses. (de jean, 15ans, à saint etienne)
 

Bonjour Jean,

La robotique intègre des tas de technologies : mécanique, informatique, électronique. Donc hormis les écoles de chimie ou d’agriculture, quasiment toutes peuvent mener à la robotique. Mon conseil serait de faire une école généraliste puis de se spécialiser, soit par les stages, soit par un DEA puis une thèse, dans la robotique.

Pour ma part, j’ai fait un stage d’un an chez Renault entre ma deuxième et ma troisième année d’école d’ingénieur. A l’époque, Renault avait un laboratoire de recherche en robotique. J’avais réussi à proposer mes services au directeur de ce laboratoire par l’intermédiaire d’un prof de math qui le connaissait. Sinon, en général, les écoles reçoivent des tas de proposition de stage. Dernière solution pour trouver un stage : s’adresser directement au laboratoire ou à l’entreprise qui t’intéresse. Sur leur site Internet, tu trouveras, soit des sujets de stage directement, soit des contacts avec lesquels tu pourras faire affaire.

Rodolphe


 

Professionnels, témoignez !

Vous êtes un professionnel jeune ou expérimenté, issu d’un parcours classique ou atypique, passionné par votre métier ? Alors transmettez à la jeune génération qui pourra ainsi mieux se projeter.

Après le collège

Tu es perdu(e) entre tous les choix d’orientation qui s’offrent à toi ? Voie générale ou professionnelle, tu ne sais pas trop ? Alternance ou apprentissage, tu ne sais pas vraiment ce qui se cache derrière ces mots ? Tu trouveras la réponse à tes questions dans cette rubrique.