Arié Elmaleh, comédien



Un timide sur les planches

ITF : Quand tu étais enfant, que voulais-tu faire ?
Arié Elmaleh :Cuisinier, puis comédien. Je faisais du théâtre depuis pas mal de temps : la première fois, j'avais 8 ans ! Vers 16 ans, j'y ai pensé comme à un métier possible. Avant ce n'était qu'un hobby. Mais j'ai vu une pièce qui m'a fait un choc et je me suis dit « c'est ça que je veux », être plutôt sur scène que dans le public. C'était un moyen de bien me faire voir des autres, de montrer un relief de ma personnalité que je n'osais pas exprimer dans ma vie de tous les jours. J'étais assez timide. Adolescent, avec les filles, j'avais du mal, je n'osais pas montrer ma fantaisie. Ni m'exprimer en général. Le théâtre me le permettait sans forcer, puisque sur scène j'étais quelqu'un d'autre.
ITF : C'était quoi ton premier boulot ?
Arié Elmaleh :À 14 ans, je travaillais chez un encadreur, ça aussi c'est un super boulot. Ces artisans restent de vrais artistes.
ITF : Et tu gagnais combien ?
Arié Elmaleh :200 dirhams par mois, ce qui doit être l'équivalent de 100 francs ou 150 francs par mois, soit 15 ou 20 euros quoi ! Plus tard en arrivant à Paris, à 19 ans, je faisais des sandwichs rue Montmartre.
Et si demain tout s'arrêtait pour toi, en France et au Maroc, quel métier choisirais-tu ?
Bon, si je suis grillé partout, si j'ai volé ou escroqué... Peut-être que je deviendrais un bandit ! Non, il y a des professions qui me branchent bien, comme chanter...
Imaginons que le milieu artistique te rejette totalement...
Ah oui ! Et bien, ostéopathe. J'ai failli faire ça. J'adore ce métier. Je trouve extrêmement gratifiant de soigner les gens. On reçoit quelque chose en retour quand on voit quelqu'un soulagé, qui se sent mieux. Quelque part, il nous aime.
Bonus interview pour les internautes d'imaginetonfutur.com :
ITF : Comme acteur, le public peut aussi t'aimer...
Arié Elmaleh :Merci, je le prends comme un compliment. J'adore cuisiner et quand je voulais en faire mon métier c'était une façon de me mettre en avant. Je me voyais chef, avec des recettes que j'inventerais et que les gens goûteraient avec curiosité. J'ai envie avant tout de donner du bonheur et du plaisir aux gens. C'est vrai que c'est un point commun avec le métier d'acteur. Après, il y a d'autres métiers artisanaux qui me plaisent. J'adore le carrelage, ça doit être héréditaire, je pourrais être carreleur. Mon grand-père maternel était le plus grand fabricant de carreaux de ciment peints de la ville de Safi, au Maroc.
On est tous un peu des imposteurs à des moments de notre vie et quand je parle avec des gens qui ne me connaissent pas, je leur dis que je fais du carrelage, ou que je suis infirmier ! Je m'invente facilement des professions, j'aime bien !
ITF : Dans ta famille, l'artistique était important ?
Arié Elmaleh :Mon père faisait beaucoup de mime, du café-théâtre également. J'ai découvert la scène avec lui, puisque j'étais sur scène avec lui, j'ouvrais et je fermais le rideau entre chacun de ses numéros. Et en remontant dans la famille, j'ai entendu des anecdotes concernant mon grand-père paternel qui faisait des sketches dans les mariages pour amuser la galerie. Il ne le faisait pas de façon professionnelle mais pour faire plaisir aux gens... Je pense qu'il devait avoir une fibre particulière quand même.
ITF : Et cette première fois à 8 ans, c'était avec ton père ?
Arié Elmaleh :Non, je faisais un numéro dans un petit spectacle perso où je chantais du Louis Armstrong en play-back, et peu de temps après j'ai joué dans « Le bourgeois gentilhomme », une pièce montée à l'école.
ITF : Pour décrocher des rôles, quel est le handicap le plus lourd : avoir un frère connu dans la même branche ou être identifiable comme le gars de la pub SFR ?
Arié Elmaleh :Aucun des deux ! Concernant Gad, au début c'était un peu pesant, parce que les gens étaient suspicieux. Ils se disaient « Celui-là c'est un arriviste. Il fait ça parce que son frère est connu, il veut en croquer ! » Depuis que je me montre et que je fais mes preuves, depuis que l'on voit mon travail, on me reconnaît un parcours singulier et pas calqué ou aligné sur celui de mon frère. Quant à la pub, j'ai eu de la chance, je suis tombé sur un bon réalisateur, Rémy Belvaux, avec de bons scénarios... Pour l'instant on ne me l'a pas encore reproché. Mais je pense que je vais bientôt arrêter parce que j'ai de bonnes propositions au cinéma. Toutes les bonnes choses ont une fin!
ITF : As-tu eu une préparation particulière pour cette scène de strip-tease à la fin du film ?
Arié Elmaleh :Ha, ha, non !. J'ai bien essayé de maigrir un peu. J'ai mangé de la soupe au chou pendant deux jours, j'ai détesté et ça a été totalement inefficace !
Propos recueillis par Catherine Attia-Cannone
(© photo : Mars Distribution)

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ÉTUDIANT EN ARIÉ ELMALEH, COMÉDIEN

Lena Rose

19 ans

UNIVERSITÉ PARIS DESCARTES - PARIS 5

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