Association Alofa Tuvalu



Tuvalu est un archipel de 26 km2 composé de neuf îles perdues dans le Pacifique Sud. C'est le premier pays menacé de disparition à cause de la montée des eaux, liée aux changements climatiques. Dans moins d'un siècle cet archipel sera rayé de la carte emportant avec lui une civilisation, une culture... Rencontres avec une membre active de l'association franco-tuvaluenne et un journaliste photographe engagé.

Légende de la photo ci-dessus (© photo : Laurent Weyl - © texte : Donatien Garnier) :
ATOLL DE FUNAFUTI, ÎLE DE FONGAFALE
Bien que longue de 13 km, l'île ne fait pas plus de 700 m de large et peut ne pas dépasser la largeur de la route. Fragile comme un bateau, l'île est grignotée de toutes parts par les vagues de l'océan et du lagon. Plus de la moitié de la population de Tuvalu y réside.
Fanny Héros, chargée de mission à ALOFA TUVALU
« Il faut croire au pouvoir individuel, ne pas céder à un fatalisme qui paralyse. Ensemble nous pouvons diminuer les incidences des changements climatiques : « 1+1= des millions » (Jour de la Terre, 1990)
Parlez-nous de votre association.
Alofa Tuvalu (Aimer Tuvalu) est une association franco-tuvaluenne créée en février 2005. Cet archipel de 26 km2 composé de neuf îles perdues dans le Pacifique Sud est menacé de submersion à cause de la montée des eaux, liée aux changements climatiques. L'objectif de l'association est de faire de Tuvalu, avant sa probable disparition, une nation modèle en matière de respect de l'environnement, un exemple reproductible. Alofa Tuvalu rassemble plusieurs centaines de membres et de soutiens à travers le monde et dispose d'un bureau local tuvaluen depuis février 2006.
Quel est votre rôle au sein de l'association ?
Je suis chargée de mission et à ce titre je participe aux diverses actions de l'association. Cela va du montage de projets à la recherche de financements, de la participation à des conférences sur le climat et festivals d'environnement aux relations avec les médias, les partenaires, etc. Avec l'aide de bénévoles, pour faire écho aux mises en place à Tuvalu, nous organisons également des opérations d'éducation des enfants aux changements climatiques appelées « Chapiteau A l'eau, la Terre » dont l'un des outils phares est la bande dessinée « A l'eau, la Terre » réalisée grâce au soutien de l'ADEME et disponible en 7 langues aujourd'hui. Je suis actuellement l'unique salariée à temps plein au siège de l'association.
Quelles sont les différentes actions que vous menez ?
Le projet « Small is beautiful » imaginé par Gilliane le Gallic, présidente d'Alofa Tuvalu et validé par les Tuvaluens consiste à aider la nation Tuvalu à survivre aux changements climatiques par l'action combinée : de l'éducation à de nouveaux réflexes individuels dans une perspective de lutte globale contre l'effet de serre, de l'étude des solutions d'adaptabilité sur place (construire une île artificielle ou rehausser les îles par exemple) et si le pire devait arriver de la recherche d'une terre d'asile. Nous focalisons pour le moment nos efforts sur le premier axe, car le premier souhait de nos amis Tuvaluens est d'abord de ne pas avoir à quitter la terre de leurs ancêtres.
Aujourd'hui, quels moyens sont mis en place à Tuvalu ?
Outre des campagnes de sensibilisation de la population aux économies d'énergie, problème des déchets, etc., nous mettons principalement en place l'utilisation des énergies renouvelables. Bénéfiques pour l'environnement, elles aident aussi le pays à réduire sa facture pétrolière. Pour former les Tuvaluens à l'usage et à la maintenance de ces technologies, nous créons un Centre National de Formation et de Démonstration sur un petit îlot qui d'ici trois ans devrait combiner l'ensemble des technologies qui seront progressivement installées sur les 9 îles : valorisation de la biomasse (biogaz, biodiesel de coprah, gazéification), petit éolien, solaire thermique et photovolatique.
Après la mise en place d'un biodigesteur de lisier de porc et huit semaines de formation au printemps dernier, nos coordinateurs repartent dans quelques semaines pour construire une unité de démonstration à la production de biodiesel de coprah et un gazogène qui en brûlant les coques et cosses de noix de coco produira de l'électricité.
Quel est l'intérêt de mettre en œuvre autant de moyens face à un problème qui est inéluctable ?
Pourquoi vit-on alors que l'on sait que l'on va mourir ? L'idée est aussi de donner du sens aux décennies dont les Tuvaluens disposent encore sur leurs terres. A l'heure où le baril de pétrole dépasse les 100 dollars, il est urgent pour les petites nations insulaires isolées, de trouver des alternatives au pétrole. Tuvalu est l'illustration de ce qui nous attend tous si nous ne faisons rien. Médiatiser les éléments du programme « Small is Beautiful » participe à la prise de conscience du plus grand nombre.
Au quotidien quels sont vos gestes écologiques ?
Il y en a beaucoup ! Je ne consomme que ce dont j'ai réellement besoin, privilégie les produits à faibles emballages, trie les déchets, fais du compost pour le jardin avec les déchets végétaux, récupère l'eau de pluie pour les plantes, préfère les douches aux bains... Le maître mot est la cohérence entre le discours et les actes. Avec un peu d'effort, on y parvient.
Quel message souhaitez-vous passer aux jeunes internautes ?
« Il faut croire au pouvoir individuel, ne pas céder à un fatalisme qui paralyse. Ensemble nous pouvons diminuer les incidences des changements climatiques : « 1+1= des millions » (Jour de la Terre, 1990).

Laurent, 36 ans, photographe et journaliste
« Tuvalu est le premier pays qui va disparaître à cause du réchauffement climatique, c'est symbolique ! »
« Dans tous mes sujets, il y a le même désir de parler de l'humain. Par exemple, si je fais un reportage sur de grandes mégalopoles, je vais parler de la façon dont vivent les habitants de ces villes. C'est ce qui m'intéresse. »
Laurent est photographe et journaliste indépendant, il voulait faire ce métier depuis tout petit. En 2001, il intègre le collectif Argos, soutenu financièrement par l'Ademe (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), il s'agit d'un groupement de photographes qui s'unissent pour réaliser des photo-reportages. Pendant quatre années, ils ont réalisé des reportages sur les réfugiés climatiques, ces hommes et ces femmes poussés à l'exil à cause du réchauffement du climat. « Nous sommes partis dans neufs pays. De l'Alaska où se pose le problème du dégel des sols arctiques, aux îles Tuvalu, Maldives et Halligen pour témoigner de la montée du niveau des mers, en passant par le Tchad et la Chine gagnés par la désertification, le Bangladesh qui subit l'inondation des deltas, le Népal victime de la fonte des glaciers ainsi que les Etats-Unis où les cyclones sont de plus en plus violents. Soit, au terme de ce périple : neuf escales ». Le but est d'éveiller les consciences sur l'ampleur des mouvements de population dûs au réchauffement climatique. « Mon rôle est d'informer. Je suis un relais entre les populations touchées, les lecteurs et les politiques »
La situation de Tuvalu a particulièrement marquée Laurent, il fait d'ailleurs partie de l'association Alofa Tuvalu. « C'est le premier pays qui va disparaître à cause de l'Homme, c'est très symbolique. Plus qu'un territoire, c'est une culture, une langue qui va s'éteindre » Mais, le photographe reste confiant « D'ici 50 ans, on trouvera peut-être une solution pour sauver Tuvalu, il ne faut pas être fataliste ! »
Par Diane Dussud - © photo : David Herrero

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Liste des Commentaires (3)

OtntKTVGbDj 28 mai 2011 23:16 #1
Association ALOFA TUVALU.. Awful :)
yssejw77 13 avril 2009 14:28 #2
JE VIENS DE REGARDER UN REPORTAGE SUR TUVALU, JE SUIS SUR QUE SI ON PLANTE DES PALTUVIERS, CA VA FAIRE UN IMPACT SUR LA PLAGE, FAUT TOUJOURS CROIRE A NOTRE PAYS, JE SUIS DE LA NEW-CALEDONIE ET J'AI DE LA PLACE DANS MON PAYS, ON EST TOUS DANS LE MEME BATEAU. TUVALU NE SERA JAMAIS AU FOND DE LA MER
mohammed 29 octobre 2008 17:24 #3
C intéréssant, je ne connaissé pas ce petit pays, c'est vraimant triste... C'est 1 exemple ki montre ke chacun doit faire des efforts pour luter contre le réchauffement climatique. Comment rejoindre l'asso ?