Bruno Solo, acteur



Acteur : une vocation !

ITF : Acteur, c'est une vocation ?
Bruno Solo :Oui. À l'age de 13 ans, j'ai compris que je voulais être comédien. Je ne suis pas du tout un enfant de la balle, j'ai des parents prolos mais très curieux, érudits et cinéphiles. Acteur, c'était la promesse de pouvoir envisager des vies différentes, que j'avais envie de goûter.
ITF :Tu navigues sur plein de tableaux : tu joues, tu réalises, tu écris, tu produis...
Bruno Solo : Quand j'ai commencé à bosser -avant que ça marche parce qu'entre 82 et 89, j'ai eu sept années de petites galères où j'étais le seul à être persuadé d'avoir du talent, d'où mon nom !- je ne pouvais pas rester à attendre un coup de fil. Beaucoup de comédiens sont malheureux parce qu'ils ont eu un petit moment de succès, et puis tout à coup, ça s'arrête. J'ai d'abord écrit et réalisé. En produisant, je me suis acheté la liberté de jouer de temps en temps, mais au quotidien, mon vrai boulot c'est la production. Parfois je dis oui à un film, et pendant ce temps je suis le producteur délégué de CALT, qui produit Caméra café et Kaamelott. Je suis toujours en mouvement, parce que ma vraie nature c'est l'oisiveté, et ça me fait tellement peur que je travaille tout le temps !
ITF : Dans Pur week-end, tu as pioché un pur rôle?
Bruno Solo : Oui. Olivier Doran, le réalisateur, n'avait pas pensé à moi au début, pour ce personnage un peu neurasthénique, qui a du mal à se faire entendre, à s'exprimer. Un introverti, a priori ça ne me ressemblait pas ! Les personnes chargées de nous engager à « contre-emploi » ne nous imaginent pas souvent dans d'autres registres que ceux qu'on a déjà explorés. En France, on ne prend pas tellement au sérieux l'acteur comique. Pour passer l'épreuve, il faut faire son « Tchao Pantin », ce qui est ridicule !
ITF : C'est un film pour adultes et plutôt fédérateur pour les plus jeunes...
Bruno Solo : Les amitiés de jeunesse doivent évoluer avec l'âge. Quand des amis se voient pendant 30 ou 40 ans et qu'ils continuent de parler de leur colo, de leurs souvenirs de boum et de leur premier pétard, c'est rigolo mais s'il n'y a que ça, leur amitié n'évolue pas. Alors qu'elle a besoin de grandir, de se confronter. Les plus jeunes spectateurs se diront peut-être « Espérons qu'en grandissant on saura aussi continuer à être solidaire, et qu'on ne se verra pas seulement par habitude ». C'est un film plus malin que d'aucuns voudraient le dire...
ITF : Yvan le Boloch est le dernier ami que tu t'es fait ?
Bruno Solo : Oui. J'étais élève comédien, je ramais, et pour payer mes sandwichs et mon loyer je faisais de la figuration dans des émissions de télé. Un jour, j'ai fait celle qu'il fallait : « Télé Zèbre » d'Ardisson. La naissance de notre amitié a été filmée. Yvan a demandé « Qui veut faire l'arbitre de ma petite chronique ? ». J'ai levé la main, « Montez Monsieur » et on s'est serré la main. Au moment où je monte sur le plateau et où je lui serre la pogne, naît une amitié qui dure depuis 17 ans, et que nous entretenons avec gravité et légèreté. Il y a un grand respect et une grande tendresse entre nous.
ITF : Y a-t-il des choses que tu refuserais de jouer ?
Bruno Solo : J'ai récemment refusé au théâtre un seul rôle, parce que ça me touche de trop près, c'est le rôle d'un père incestueux. Je me bagarre contre ça depuis des années dans l'association « La voix de l'enfant ». Elle lutte contre la pédophilie, l'inceste et la maltraitance, et œuvre pour l'alphabétisation et la socialisation des enfants. Je m'occupe plus particulièrement des problèmes liés à la pédo-criminalité. Un prédateur comme Fourniret ou Dutroux, je pourrais peut-être le jouer, mais pas un père incestueux. J'aurais du mal à ne pas me laisser déborder par mon émotion, et à ne pas me laisser hanter par le personnage de manière durable et excessive. Si on me demande de jouer un néo-nazi dans un film nauséabond, je refuse, et en plus je vais péter la gueule à celui qui a osé me le proposer ! Mais jouer un néo-nazi dans un film qui veut dénoncer cette idéologie, je n'aurais aucun problème.
ITF : Quelle est ta dernière production ?
Bruno Solo : « Off Prime » avec Virginie Efira. C'est très audacieux. Elle joue sa fausse vraie vie avec beaucoup de courage. Les gens vont se demander si elle est vraiment comme ça. Il y a un mélange entre sa réalité et une vie inventée. Elle ne s'épargne pas, nous ne l'épargnons pas, ni la chaîne M6 et ses émissions !
ITF : Te rappelles-tu ton premier job ?
Bruno Solo : C'était à la librairie Gibert Jeune sur le boulevard Saint Germain, à 17 ans. Je n'ai travaillé quasiment que dans des librairies, au milieu des bouquins, là où je me sentais le plus à l'aise, et où je pouvais continuer à lire et à entretenir la vocation future !
ITF : Si demain tu n'avais plus droit au cumul des mandats, plus possible d'être auteur-acteur-réalisateur-producteur, qu'est-ce que tu garderais ?
Bruno Solo : Acteur, parce que l'idée de jouer est quand même la chose la plus jouissive. Si on ne veut plus de moi, peut-être que je serais jardinier, même si je n'y connais absolument rien ! C'est un des métiers que je voulais faire petit. Avec chef d'orchestre mais j'ai très vite compris que c'était beaucoup trop compliqué pour moi : étudier la musique, c'est étudier les mathématiques et ça, c'est une très grosse lacune chez moi ! Mais j'aurais adoré faire ça. Plus concrètement, avec le métier de producteur -quand je vais démarcher les chaînes- j'ai appris à être un assez bon vendeur et je suis plutôt bon en période promo de film ! Ça n'est rien d'autre que du VRP de luxe. Donc, je me dirigerais vers la vente et je vivrais sur mon passé ! Les gens diraient « Eh, dis donc, le mec qui vend des encyclopédies, c'est pas le blaireau qui faisait Hervé Dumont dans Caméra café ? » Peut-être que ça m'aiderait à vendre deux ou trois encyclopédies de plus !

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Liste des Commentaires (1)

14 avril 2012 11:48 #1
bonjours j'adore la comédie et je voudrais être comédien ou acteur de comédie et j'aimerais si vous pouriere me donner quel que conseil je parle l'anglais et le français je suis en 3iem tq mais avant j'étais en seconde dans mon pays ce a dire le Cameroun section anglophone et maintenant dans section francophone en 3iem tq en attend d'une bonne réponse de votre pas veilleur considérer mes salutation , merci d'avance