Christine Phung, 32 ans, styliste free-lance



Christine nous parle avec passion de son métier pour lequel il faut avoir « la tête dans les nuages et les pieds sur terre ». Rencontre.

Quel a été ton parcours ?
Depuis toute petite, je souhaite devenir styliste|Fiche métier styliste. Après mon bac L, je me suis inscrite à l'Ecole des Beaux-arts de Rueil-Malmaison pour faire une année préparatoire aux écoles d'arts appliqués. J'ai ensuite intégré l'école Dupperé, une école publique d'arts appliqués. J'ai d'abord fait une première année de mise à niveau au cours de laquelle j'ai pu toucher à tout : le textile, la céramique, le design, le graphisme... A l'issue de cette année, j'ai décidé de m'orienter vers le BTS stylisme de mode (aujourd'hui appelé BTS design de mode). J'ai ensuite fait une troisième année dite « post-BTS » dans cette même école. Puis, j'ai intégré l'Institut Français de la Mode qui venait d'ouvrir une nouvelle section de Création composée de 10 élèves venus du monde entier. Je voulais vraiment profiter de cette expérience unique qui me permettait de travailler avec des personnes d'une autre culture et me confronter aux critiques de professionnels. Je me suis ensuite lancée sur le marché du travail.
En quoi consiste le métier de styliste de mode ?
Un styliste peut être attaché à une marque, mais pour ma part je travaille en free-lance. En tant que styliste de mode, je réalise des collections de vêtements pour des marques et des créateurs. J'ai travaillé pour Christophe Lemaire, Chloé ou encore Vanessa Bruno. Aujourd'hui je suis en charge de la ligne enfants-filles pour Dior ainsi que de la nouvelle ligne « L!VE » femme de la marque Lacoste. Pour chacune de ces lignes, je dessine les modèles, les imprimés et les broderies. Je détermine chaque forme, chaque couleur... Je travaille en étroite collaboration avec des modélistes qui font les moulages des toiles, puis les patronages et qui montent les prototypes finaux dans les bons tissus. Je collabore aussi étroitement avec la directrice de collection ou la chef de produit|Fiche métier chef de produit qui établit les plans de collections.
Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?
Mon métier est un métier passion, très stimulant intellectuellement et créatif, qui nécessite de constamment se renouveler et s'améliorer. Le fait de travailler en free-lance me permet d'être autonome et d'aborder des sujets très variés. Par ailleurs, il est très satisfaisant de créer des choses utiles que les gens s'approprient. Rien de plus agréable que de croiser quelqu'un dans la rue qui porte une écharpe que j'ai dessinée ! Mais ce métier n'est pas qu'un métier de rêve. Il faut bien être conscient que beaucoup veulent exercer ce métier, pour une poignée d'élus. Pendant les études, la compétition est très rude et les relations humaines sont parfois tendues dans le travail. De la même manière, si le statut de free-lance a des avantages incontestables, c'est aussi un statut très précaire et instable.
Pouvez-vous nous décrire une journée-type ?
Comme je travaille en free-lance pour plusieurs marques, il m'est impossible de vous décrire une journée type. Parfois je reste à mon domicile toute la journée pour dessiner les collections. Dans ce cas, je commence par un travail de recherche iconographique à partir de blogs, de livres, de magazines... puis je synthétise ces informations. Je cherche le fil rouge qui donnera de la cohérence à ma collection. Certains jours, je suis constamment en déplacement : je me rends par exemple le matin chez Lacoste pour rendre des croquis, puis je saute dans un taxi pour faire des essayages chez Dior et à la fin de la journée je rentre chez moi pour dessiner les uniformes du personnel d'un hôtel de luxe au Maroc...
Quelles qualités faut-il avoir pour être styliste de mode ?
Le plus important est d'être à la fois intuitif et rationnel. Le métier de styliste est avant tout un métier créatif, mais dans lequel on est constamment confronté à des réalités industrielles : il faut être capable de travailler avec une équipe dont certains membres ont pour objectif principal de faire tourner la boîte. Ce sont ces enjeux économiques qui demandent au styliste d'être rationnel, et de comprendre les attentes de son entreprise.
Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite devenir styliste de mode ?
Je lui dirais que le métier de styliste n'est pas qu'un métier de rêve. Il faut être conscient que c'est un métier très physique et compétitif qui demande de la rigueur et de la persévérance. Il faut être très motivé pour réussir, et très travailleur. Etre créatif ne suffit pas pour devenir styliste, d'autant plus que la créativité se travaille.
Le métier de styliste est-il un métier porteur ?
Quand j'avais huit ans, je voulais déjà être styliste. A l'époque, j'en avais parlé à ma tante qui avait étudié à l'école d'Arts Appliqués Duperré et elle m'a répondu que le métier de styliste n'offrait pas de débouchés. Des années plus tard, je me suis quand même lancée dans l'aventure.
Je pense qu'une fois les premières années passées, les plus dures, il y a des postes à pourvoir. Et passé un certain niveau, il y a des débouchés. En ce qui me concerne, je rêverai de reprendre la direction créative d'une structure déjà existante, une marque en difficulté par exemple, afin de lui donner un second souffle.
Consulte le site Internet de Christine : christinephung.com/
Propos recueillis par Margaux Calon

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22 ans

ICD PARIS

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