Deux étudiants japonais témoignent de la catastrophe



Paul et Jean Mare sont des étudiants Japonais. Nés à Tokyo, de parents français, ils ont grandi dans ce pays. Imagine ton futur a recueilli leurs témoignages. Ils nous racontent le séisme, confient leurs inquiétudes, décrivent leur quotidien...


Que faisiez-vous lors du tremblement de terre ? Quel a été votre premier réflexe / votre première pensée ?
Paul : Il était 14h50. J'étais chez moi, en train de regarder un DVD. Ma première réaction au début de la secousse a été "Ah, encore un tremblement de terre". Mais, après ça a beaucoup bougé, je me suis précipité pour ouvrir les fenêtres et les portes de la maison, pour ne pas être enfermé. C'est une des choses qu'on nous apprend, depuis qu'on est tout petit. Ma mère était aussi à la maison. On a tout de suite allumé la télé et essayé de contacter mes deux frères et nos proches. Mais, la communication par téléphone ou mail était impossible. Je suis donc allé sur Facebook pour annoncer que je n'avais rien et demander des nouvelles de mes proches. Vu qu'on était en plein milieu de l'après-midi, peu de monde était connecté. J'ai donc mis pas mal de temps à joindre tous mes proches. Heureusement, pas un seul d'entre eux n'a été gravement touché. Deux n'ont plus de maison, mais ils s'estiment très chanceux...
Jean : J'étais à la gym, après être allé en cours à l'université. Au début, je me suis dit que ça devait être un tremblement de terre comme les autres. Au Japon, nous sommes habitués et bien préparés au séisme. Mais, il y a eu une deuxième secousse qui a duré très longtemps (2 minutes). Je me suis alors dit, que c'était un tremblement de terre plus important que d'habitude ! Mais, je me suis vraiment rendu compte du désastre, une fois rentré à la maison, en regardant la télé.


Peu de dégâts pour Paul et Jean : uniquement des fissures sur leur maison.
Aujourd'hui, quel est votre état d'esprit ? Votre quotidien change-t-il ?
Paul : Je suis très inquiet à cause des centrales nucléaires, mais je reste calme. C'est le cas de la plupart de mes proches. Mais, le quotidien a vachement changé : le trafic des trains a diminué de 80% donc c'est très difficile de se déplacer en transport ! Heureusement, j'ai une moto et je fais d'ailleurs office de taxi pour mes proches...
Jean : Je suis un peu inquiet, les supermarchés sont vides. Tout le monde se ruent pour acheter des vivres. Les cours sont suspendus. Des fêtes ont été annulées. D'ailleurs, avec des amis, on avait prévu de partir faire du snowboard ce week-end, on a évidemment annulé.
Comment décririez-vous l'attitude des jeunes Japonais, face à cette catastrophe ?
Paul : Les réactions sont très diverses. En gros, il y a ceux qui sont inquiets mais calmes. Il y a aussi ceux qui sont très inquiets et qui paniquent un peu (peu nombreux) et ceux qui s'en fichent un peu. Malheureusement, la dernière réaction est la plus commune. En majorité, les jeunes sont un peu fatalistes et disent que de toute façon, quand l'immense séisme prévu depuis des décennies arrivera, on ne pourra rien faire et on sera tous fichus. Il y en a qui ne cherchent même pas à comprendre la situation ! Ça m'énerve un peu.
http://www.imaginetonfutur.com/Physicien-des-reacteurs.html] et le risque de séisme est faible. Si tout va bien, ils devraient revenir à Tokyo en fin de semaine. Tout cela me fait un peu peur. Mais, j'ai toujours vécu ici. Le Japon c'est mon pays. Depuis tout petit, je connais les risques et j'en suis conscient.
Quels sont vos projets ? Quel métier souhaitez-vous faire plus tard ?
Paul : J'étais étudiant dans une école de mode jusqu'à hier, je devais recevoir mon diplôme ce matin mais ça a été reporté au 16 mars. Plus tard, j'aimerais fonder mon entreprise et ainsi relier le Japon avec l'Europe, l'Afrique ou l'Asie centrale. Des zones où le Japon n'a pas encore établi de vraies relations commerciales. En dehors de mes études, je fais plein de petits boulots : reporter à la télé, interprète, traducteur, présentateur TV... A la fin du mois, je comptais partir faire un tour du monde, pendant une année. Mais, je mets en suspens ce projet pour le moment. J'attends que les 3 jours, durant lesquels les experts prévoient un autre grand séisme, passent. J'ai été très chanceux de ne perdre aucun proche dans la catastrophe, ce qui est malheureusement loin d'être le cas de tout le monde...
Jean : Je termine ma 3ème année dans une école de communication. Il me reste encore deux ans. A côté, je suis interprète français/anglais et japonais. J'ai travaillé pendant un an, pour la troupe du Cirque du Soleil qui était à Tokyo. Plus tard, j'aimerais bosser dans le théâtre ou le cinéma. L'univers du spectacle me plait beaucoup.
Propos recueillis par Diane Dussud le 13 mars 2011

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23 ans

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