Fabienne, 33 ans, ingénieur d'expérimentation en réacteur



Fabienne, sur quel type d'installation travaillez-vous ?
Je travaille sur le réacteur nucléaire Osiris, qui est implanté sur le centre CEA de Saclay en région parisienne. C'est un réacteur expérimental dont le but principal est d'effectuer des essais en irradiant des matériaux et des combustibles de centrales nucléaires.
Et quel est votre rôle ?
Nous répondons à la demande de clients français (EDF par exemple) et étrangers qui souhaitent évaluer les propriétés des matériaux et des combustibles qu'ils utilisent ou qu'ils envisagent d'utiliser dans leurs centrales. En effet, ces matériaux sont soumis, en condition normale d'utilisation, à des rayonnements radioactifs émis par le plutonium et l'uranium (les combustibles utilisés pour faire fonctionner les réacteurs). Ces rayonnements ont une puissance telle qu'ils pourraient affecter sur le long terme le fonctionnement de certaines pièces du réacteur. Or, il serait dangereux de ne plus pouvoir garantir l'intégrité de ces systèmes car l'irradiation d'un organisme vivant (homme, animal, plantes) a des effets qui peuvent être plus ou moins néfastes pour la santé selon la dose reçue et le type de rayonnement.
Dans notre laboratoire, nous soumettons les fameux matériaux, qui nous sont fournis sous forme d'échantillon, à une irradiation pendant un temps donné (une expérience peut durer de quelques heures à 5 ans selon les cas) et nous mesurons ensuite leur dégradation ou résistance.
Comment mettez-vous en place une telle expérimentation ?
Et bien nous étudions tout d'abord la demande du client, nous réalisons des plans, faisons appel à des entreprises de sous-traitance pour certaines études, faisons fabriquer le dispositif d'irradiation puis nous demandons l'autorisation au directeur de notre centre de mener nos travaux à bien. Il s'assure de la sûreté de notre expérience c'est-à-dire qu'il vérifie que tous les risques ont bien été étudiés et réduits à un niveau acceptable.
Faites-vous régulièrement appel à des sous-traitants ?
Oui, essentiellement en ce qui concerne la réalisation de calculs et la fabrication d'ensembles mécaniques.


Comment vous protégez-vous des rayonnements radioactifs ?
Le réacteur a été installé dans une grande piscine sous 10 mètres d'eau, car l'eau a la capacité d'arrêter tous les rayonnements.
Ce qui veut dire que vous travaillez sous l'eau ?
Non, nous travaillons à l'aide de perches que nous manipulons au dessus de l'eau pour réaliser des opérations à distance. Au quotidien, nous portons sur nous un petit boîtier appelé « film dosimétrique » qui enregistre le niveau de radiation auquel nous sommes soumis. Tous les mois, ces boitiers sont recensés et leurs mesures sont analysées par le service médical.
Vous n'appréhendez pas le fait d'être irradiée ?
Non, car toutes ces expériences sont soumises à des règles très strictes, tout est ultra surveillé. Si nous sommes dans l'enceinte du réacteur et que le niveau d'activité radioactive monte, un autre boitier que nous portons également sur nous, appelé « dosicard », se met à sonner ainsi que les balises dans le hall réacteur en cas d'incident. Nous savons alors qu'il y a un danger et qu'il faut évacuer. Mais jusqu'à maintenant ça ne m'est jamais arrivé !
Qu'est-ce qui est le plus dur dans votre métier ?
Lorsqu'un projet est abandonné en cours de route s'il n'y a pas de solution technique, s'il n'a plus d'intérêt pour le client ou pour des raisons financières.
Et qu'est-ce qui est le plus sympa ?
Arriver à mener à son terme un projet tout en répondant au maximum aux attentes du client et donc du citoyen (centrales plus sûres, électricité moins chère) !
© photos CEA

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ÉTUDIANT EN FABIENNE, 33 ANS, INGÉNIEUR D'EXPÉRIMENTATION EN RÉACTEUR

Aydin

20 ans

UNIVERSITÉ TOULOUSE - JEAN JAURÈS

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