L'ascenseur social dans les grandes écoles redémarrerait-il ?



De nombreuses grandes écoles mettent en place des aides pour accueillir des jeunes issus de milieux défavorisés. Rencontre avec Manuelle Malot, Directrice Carrières et Prospective de l'EDHEC qui nous explique les différentes actions menées par son école de commerce.


Quels sont les dispositifs que vous mettez en place pour accueillir des jeunes issus de milieux défavorisés ?
L'EDHEC agit sur trois leviers : l'accompagnement des lycéens pour faciliter l'accès à l'enseignement supérieur, l'adaptation de ses concours d'entrée et la mise en place d'aides financières pour les étudiants.
Pouvez-vous nous en dire plus ?
Dans un premier temps, nous accompagnons les lycéens vers l'enseignement supérieur. Il faut démythifier les grandes écoles et leur montrer qu'ils peuvent réussir à les intégrer et à y être heureux. Pour cela, les étudiants qui ont réussi nos concours sont de formidables ambassadeurs et interviennent dans les lycées « populaires » dont ils sont issus pour transmettre cette ambition. C'est un partage d'expériences essentiel qui permet de casser la barrière psychologique qui interdit à ces lycéens de penser aux grandes écoles. En plus de ces interventions, des associations étudiantes avec 150 bénévoles de l'EDHEC font du soutien scolaire, organisent des ateliers CV, des sorties culturelles... dans 15 lycées partenaires notamment dans le cadre « des cordées de la réussite ».
Par ailleurs, nous avons revu notre grille d'entretien et notre concours d'admission sur titre en Master pour favoriser la diversité en valorisant les expériences associatives, sportives et artistiques des étudiants.
Et concernant les aides financières accordées aux élèves, de quoi s'agit-il ?
Nous attribuons des bourses d'études à des étudiants de classes préparatoires économique et commerciale et les élèves boursiers sont exonérés des frais de concours. Une fois que ces jeunes issus de milieux modestes ont intégré l'EDHEC ou l'ESPEME, nous mettons en place des bourses et prêts d'honneurs. Cela représente, chaque année, un budget de 1,3 million d'euros dont 20 % de nos étudiants bénéficient.
Quels sont les critères pour obtenir ces aides ?
Ces bourses sont accordées sur critères sociaux et de réussite scolaire. Il est fréquent que les dossiers de demandes d'aides présentent excellence académique et motivation.
Une année d'étude à l'EDHEC coûte 8 000 euros, ces aides ne peuvent peut-être pas suffire...
Nous en avons conscience. C'est également pour cela que nous développons l'apprentissage. En plus d'être un excellent mode de formation et d'insertion professionnelle, l'apprentissage permet à l'étudiant de ne pas payer ses frais de scolarité et d'être rémunéré ! Le groupe EDHEC compte plus de 220 apprentis et nous pensons que ce chiffre va augmenter notamment à l'ESPEME.
D'après vous l'ascenseur social est-il en train de redémarrer ?
Oui, je l'espère. En dix ans, l'EDHEC et d'autres grandes écoles ont mis en place plusieurs dispositifs pour s'ouvrir socialement. Il y a une réelle prise de conscience et une politique volontariste et notre nouveau concours d'admission sur titre en deuxième année en est une preuve tangible. Nos épreuves favorisent une plus grande diversité des profils.
Augmenter le nombre d'étudiants que vous accueillez ne serait-il pas une solution pour permettre d'accueillir un plus grand nombre de jeunes issus des milieux défavorisés ?
Je ne pense pas. Nous ne rendrions pas service à nos étudiants et au système des grandes écoles qui a démontré ses qualités. Nos élèves sont ceux que le système éducatif nous adresse mais il faut convaincre et motiver plus de lycéens de tous horizons qu'ils peuvent intégrer les classes préparatoires. Un important travail est déjà accompli au sein des lycées, par les proviseurs, les professeurs et les conseillers d'orientation pour donner envie et confiance aux jeunes pour se lancer dans des études supérieures. Nous préférons créer une relation de proximité avec des lycées partenaires : c'est une énergie considérable mais qui a des effets concrets.
Propos recueillis par Diane Dussud
PLUS D'INFOS :
Lis l'interview d'Anne-France Malvache, directrice de l'ESPEME Lille
Site Internet de l'EDHEC : www.edhec.com
Penses-tu que l'ascenseur social redémarre dans les grandes écoles ? Donne-nous ton avis !

ORIENTATION

Liste des conseillers en orientation
près de chez vous.

PSYCHO-TESTS

Quels métiers sont faits pour toi.

pub

DISCUTE AVEC UN
ÉTUDIANT EN L'ASCENSEUR SOCIAL DANS LES GRANDES ÉCOLES REDÉMARRERAIT-IL ?

Emma

18 ans

UNIVERSITÉ PARIS-SUD - UFR DES SCIENCES

Ajouter un commentaire


Votre email ne sera jamais publié