Pascale, 33 ans, chercheuse en nanosciences



En quoi consiste votre métier ?
Je suis chercheuse en électronique moléculaire. Je travaille sur des systèmes électroniques modernes dont les composants sont si petits qu'ils ont la taille d'une molécule, d'où leur nom. Cette discipline qui mêle chimie et physique, c'est ce qui m'intéresse. C'est une science créative dans laquelle on invente de nouveaux objets pour en étudier les propriétés et, parfois, démontrer de nouveaux concepts de fonctionnement de composants.
Avec qui travaillez-vous ?
Je travaille dans une équipe de dix-huit personnes composée de six chercheurs confirmés, onze jeunes chercheurs et un technicien. J'encadre deux jeunes chercheurs : un doctorant (étudiant en doctorat qui prépare une thèse) et un post-doctorant (chercheur en CDD qui vient d'être diplômé d'un doctorat).
Sur quels projets travaillez-vous en ce moment ?
Je travaille sur plusieurs projets à la fois, tous centrés sur la chimie des nanotubes de carbone : un détecteur de gaz à base de nanotube de carbone, des composants électroniques sensibles à la lumière et un projet de croissance de nanotubes de carbone sur puces électroniques, dans l'idée de remplacer certains contacts en cuivre sur les circuits électroniques par des nanotubes de carbone, bien meilleurs conducteurs de l'électricité.
Dans quel but réalisez-vous ces expériences ?
Il s'agit de recherche fondamentale : comme les laboratoires universitaires, nous réalisons des recherches académiques pour des démonstrations de principes. Si ces derniers sont porteurs, nous déposons des brevets et cherchons des partenaires pour poursuivre les recherches dans des domaines plus appliqués. C'est relativement facile au CEA, car il possède ses propres laboratoires de recherche technologique avec lesquels nous restons en contact.
Avez-vous des journées de travail « types » ?
Non pas vraiment. Mais de façon générale, je passe 50% de mon temps au bureau à gérer les différents projets : encadrement, commande de matériels, gestion et entretien du laboratoire, communication interne et vis-à-vis du grand public... Je consacre l'autre moitié de mon temps aux expériences scientifiques : montage des expériences, réalisation, analyses des résultats...
Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
La variété ! Je touche à tout : science, technique, mais aussi encadrement, embauche, administration... J'aime découvrir de nouvelles choses. En recherche, plus on avance, plus on se rend compte que l'on ne sait rien et que le monde est complexe. On a un grand horizon devant soi que l'on ne touchera jamais.
Et qu'est-ce qui vous plaît le moins ?
Je travaille dans un métier de création et, comme tous les créateurs, j'ai l'angoisse de la page blanche ! Concevoir et réaliser une série d'expériences qui donnent une réponse claire aux questions que l'on se pose est un exercice difficile. Souvent, les expériences ratent pour des raisons techniques ou donnent des résultats flous. C'est moi qui choisis lesquelles je vais tenter et pour quelles raisons. Personne n'est là pour me dire ce que je dois faire. Souvent, nous sommes amenés à créer des outils de toute pièce afin de pouvoir réaliser nos expériences, c'est pourquoi certaines durent des années ! Ce qui est dur, c'est de mener son projet jusqu'au bout tout en sachant que l'objectif à atteindre est lointain et hasardeux. Il ne faut pas se décourager... mais lorsque l'on réussit, on est d'autant plus fier de son travail !
Quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui souhaiteraient se diriger vers la recherche ?
La science, c'est le plaisir de découvrir encore et toujours. Il faut être tenace et avoir le goût du défi. Il faut vraiment être motivé et créatif. Quand on veut, on peut ! La filière doctorat (bac +8), la voie reine pour devenir chercheur, est longue mais la moitié environ se fait en travaillant à temps plein en laboratoire, une forme d' « apprentissage » du métier. Et les techniciens (bac +2) dans nos équipes font aussi de la recherche.
Nanotubes : structures artificielles dont la « paroi » est une couche d'atomes de carbone assemblés selon un réseau héxagonal, repliée sur elle-même.
Visionner la conférence Cyclope Juniors du 12 juin 2007 sur les nanosciences, au cours de laquelle est intervenue Pascale sur ce lien : www-centre-saclay.cea.fr
Propos recueillis par Diane Dussud
© photo : CEA

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ÉTUDIANT EN PASCALE, 33 ANS, CHERCHEUSE EN NANOSCIENCES

Lea

21 ans

ESIEE PARIS

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