Patrick, 37 ans, physicien des réacteurs



Patrick, en quoi consiste votre travail ?
J'essaie de comprendre les phénomènes qui se produisent dans les réacteurs nucléaires, et notamment ceux qui concernent les neutrons. Je travaille dans un laboratoire de recherche sur des maquettes de réacteurs qui font environ 1m 20 de haut et de diamètre. On y reproduit en plus petit les réacteurs que l'on trouve dans les grosses centrales nucléaires. Certains programmes de recherche réalisés sur ces maquettes sont uniques au monde, nous sommes les seuls à pouvoir les réaliser.
Si on voulait résumer, qu'est-ce qu'un neutron ?
Les neutrons sont des particules présentes dans tous les éléments de la Terre. Là en l'occurrence, ils sont présents dans les combustibles (uranium, plutonium) où, en cassant des noyaux par collision (un peu comme un jeu de billard) ils servent à faire fonctionner le réacteur nucléaire (comme l'essence pour les voitures). Les neutrons sont invisibles à l'œil nu... mais il y en a plusieurs milliards par centimètre cube dans un réacteur !
Quel est l'intérêt du nucléaire ?
Les centrales nucléaires ont pour principale fonction de produire de l'électricité. Il y en a 58 en France.
Les ressources en charbon, pétrole, etc. vont bientôt arriver à épuisement. Il faut donc trouver un moyen de les remplacer. Le nucléaire en est un : on tire de la fission de 1 gramme d'uranium autant d'énergie que 2.5 tonnes de charbon ou 1000m3 de gaz naturel ! Il permet également de ne pas rejeter de CO2, le fameux dioxyde de carbone, qui est en partie responsable du réchauffement de la planète.
Quel est votre rôle dans tout ça ?
Mon rôle est de concevoir des programmes dans ces petits réacteurs afin de comprendre le comportement de combustibles innovants, par exemple qui brûlent mieux et plus longtemps tout en polluant le moins possible. On teste aussi de nouveaux matériaux comprenant des éléments chimiques capables d'absorber les neutrons. On les appelle d'ailleurs les « absorbants ». Ils sont très importants dans un réacteur.
A la base, je suis ingénieur physicien, ma spécialité c'est donc les chiffres (les maths !) et la programmation informatique. Au quotidien, je réalise ou fait réaliser des « calculs de conception » sur de gros logiciels informatiques. C'est de la simulation. Notre travail est de proposer aux industriels les meilleures solutions technologiques correspondant à leurs attentes et de préparer l'avenir.
Etes-vous amené à travailler avec des chercheurs du monde entier ?
Oui, je me déplace 2 à 3 fois par an à l'étranger (Japon, Belgique, Suisse, Brésil, Etats-Unis), on correspond régulièrement et on échange nos résultats lors de conférences internationales où les spécialistes mondiaux de la discipline se rencontrent. D'où l'utilité de savoir parler anglais...
Trouvez-vous que votre métier soit gratifiant ?
Oui car j'ai l'impression d'œuvrer pour l'avenir, de faire un travail utile. Je suis responsable de la mise en place des programmes et de la qualité des résultats, or ces programmes coûtent des millions d'euros ! Il vaut mieux ne pas se tromper !
Qu'est-ce qui vous dérange le plus ?
Je suis régulièrement confronté à des discussions avec des personnes plutôt bornées, qui ont une idée extrêmement négative du nucléaire. Ils ont peur de la toxicité des déchets rejetés par les centrales, des risques d'explosion.... En France, le combustible est soit recyclé après une première utilisation (on récupère le plutonium pour en faire un nouveau combustible, le MOX), soit stocké sous forme très compacte pour être ensuite enfoui, en fonction de sa dangerosité. Nous respectons des normes très strictes qui évitent de contaminer l'extérieur. Le développement nucléaire civil s'est fait parallèlement au développement nucléaire militaire, avec tous ses secrets, les gens font donc des amalgames avec la bombe atomique ou la catastrophe de Tchernobyl.
Que diriez-vous à un adolescent qui souhaiterait faire le même métier que vous ?
Que c'est un métier très intéressant avec un travail en équipe plutôt sympa. On est loin de l'image du savant solitaire enfermé dans son laboratoire.
Je conseille également de bien travailler à l'école et d'aimer tout ce qui a trait à la technologie, la physique et ce qui est innovant. Moi, j'étais « câblé » sciences très jeune : je voulais être cosmonaute ou volcanologue !
© photo CEA

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