Patrick, 45 ans, chimiste atmosphérique



Vous vous dites physicien de l'atmosphère ou encore géophysicien externe. Qu'est-ce que ça signifie exactement ?
Cela veut dire que j'étudie la composition de l'atmosphère et son évolution sous l'influence des activités humaines. En particulier les interactions des polluants que nous émettons (émission de gaz à effet de serre, de particules suite au trafic automobile ou à l'activité industrielle, de gaz réactifs...) avec l'atmosphère. Ces différents polluants vont modifier l'équilibre du système Terre/Atmosphère, ils vont fortement influencer la température de l'air et ainsi la dynamique des couches d'atmosphère où nous vivons.
C'est de la physique pure ?
C'est un métier qui associe la physique et la physico-chimie. Il nécessite de bonnes connaissances en instrumentation et souvent des études couplées entre des observations au sol, à partir d'avion et de plateforme spatiales. Je suis d'ailleurs expert auprès du CNES (Centre national d'études spatiales) pour les nouvelles missions d'observation de la Terre. J'interagis aussi beaucoup avec des industriels du domaine spatial et apporte mon expertise à de grands groupes comme ALCATELESPACE.
Concrètement, comment s'organise votre travail ?
J'ai plusieurs casquettes : une partie de mon temps (environ 30 %) est consacrée à la gestion de la recherche. Je gère une équipe d'une douzaine de personnes et je suis membre de différents comités scientifiques, dont celui associé au CNES. Je dois aussi gérer le budget de mon équipe, rechercher des contrats et veiller à la bonne conduite des programmes de recherches qui nous sont financés. Je passe aussi environ 40 % de mes journées à encadrer le travail scientifique de mes collaborateurs (il faut aider les étudiants en thèse, tutorer les stagiaires etc). Dans ces 40%, j'ai une activité d'enseignement en Master de seconde année (ancien DEA).
Il reste 30 %...
Ils sont pour moi ! Je m'efforce de garder du temps pour mes propres recherches, analyser et synthétiser les résultats des « manip' », c'est le vrai travail du chercheur, il ne faut pas l'oublier ! Mais il faudrait aussi parler de la préparation de nos missions : chaque voyage, quelle que soit sa durée, nécessite environ 2 mois de travail pour tout mettre au point, et que chaque membre de l'expédition soit parfaitement à l'aise avec le matériel.
Vous partez souvent ?
Nous avons une mission quasiment chaque année. Nous sommes allés au Cap Vert, en Inde, nous revenons tout juste d'Afrique et l'été prochain, nous partons pour l'Antarctique et la Suède. Mais nous travaillons aussi en France : lors de la réouverture du tunnel du Mont-blanc, par exemple, nous sommes restés trois mois sur place (week-ends compris !) pour guetter les phénomènes atmosphériques, causes de pollution qui pourraient influencer la vie des gens des vallées de la Maurienne et de Chamonix.
Avec quels outils travaillez-vous ?
Avec différents instruments de mesure qui peuvent être embarqués sur différentes plateformes au sol, sur avion ou sur satellite. Je suis aussi un spécialiste de la mesure lidar. C'est un appareil qui utilise un laser pour sonder l'atmosphérique. On envoie le faisceau laser, et selon l'amplitude de lumière qui nous revient, on sait quelle quantité de polluants est présente, et on peut localiser les couches de polluants en fonction de leur altitude. Bref, on sait ainsi ce que l'on a au-dessus de la tête !
Vous avez un conseil à donner aux jeunes qui aimeraient se lancer dans la recherche ?
Si je dois donner un conseil pour faire de la recherche à notre époque. Il faut savoir que cela a bien changé par rapport à ce que j'ai vécu durant et suite à ma thèse. Il est préférable d'intégrer une bonne école d'ingénieur qui ouvrira des horizons plus larges dans les domaines de la recherche et de l'industrie. Ensuite ou durant la troisième année d'école, il faut faire un Master recherche. Suite au Master, il faut poursuivre par une thèse. Bien sûr, le fait d'obtenir une thèse n'assure pas une place dans le domaine de la recherche, les places sont très chères. C'est aussi pourquoi une formation initiale d'ingénieur peut avoir son utilité.
© photo CEA

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19 ans

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