Orientation scolaire : peut-on changer de filière ?



Changer de filièreOn entend souvent dire qu'il faut se préparer à changer plusieurs fois de métiers dans sa vie. Fini le temps des parents où l'on restait vissé au même boulot une vie durant ! Il faut que votre génération adopte une nouvelle attitude : changer de métier... Et même, peut-être, plusieurs fois ! Ainsi, l'orientation devient plus incontournable que jamais.

Qu'en est-il vraiment ? Passons à la loupe cette idée reçue.
D'abord, une première observation : les grands défenseurs de la mobilité ne sont, en général, pas ceux qui sont les plus mobiles. Curieux, non ?
Secundo : changer de spécialité n'est pas si facile que ça.
Tenez, regardez Franck Ribéry : c'est déjà très compliqué pour lui de passer de l'aile gauche à l'aile droite. Mais, si tu lui demandes, malgré sa vitesse de jambes, de devenir demi d'ouverture au rugby à quinze, c'est impossible... Même dans une équipe de deuxième division !
Autre exemple ? Tu es devenu un avocat spécialisé dans les divorces (code civil), on te demande brusquement de te reconvertir, en spécialiste du droit du travail (code du travail). Il y a de fortes chances, pour que tu ailles droit dans le mur ! C'est vrai aussi d'un ingénieur chimiste à qui l'on demanderait de se transformer par un coup de baguette magique en ingénieur des travaux publics : il va à coup sûr se planter !
On va sans doute te donner des exemples inverses de ceux qui réussissent une vie professionnelle en passant d'un job à l'autre, à la vitesse de l'éclair... On va te raconter qu'on connait un trader qui brusquement en a eu marre de la finance et a ouvert un restaurant branché qui fait un carton (grâce aux sous gagnés avant !), ou bien encore un cadre commercial qui devient hôtelier écolo à Bora Bora... Pourquoi pas, tant qu'on y est, un prof d'histoire-géo qui se transforme en archéologue à la Indiana Jones...
D'accord ! Sauf que, pour toi et moi, pour la plupart d'entre nous, changer de job, c'est compliqué car cela suppose d'acquérir de nouvelles compétences, de nouvelles attitudes, un nouveau comportement et souvent dans des conditions plus difficiles que cela fut le cas pour le premier métier.
On te dira aussi qu'on change bien de poste, qu'on monte dans la hiérarchie, qu'on progresse à l'intérieur de son métier... Mais ça n'a rien à voir ! C'est fréquent et naturel de passer de technicien à ingénieur, des fonctions de production aux fonctions commerciales, d'une entreprise à l'autre, mais il s'agit là de poursuivre sur sa lancée initiale, de la consolider, de la faire fructifier et non pas de prendre un virage à 180 degrés !
Cela dit, si les études servent à préparer un métier et s'il n'est pas si facile que cela d'en changer, tu comprends alors que tu peux, certes, changer d'orientation mais que ce n'est surtout pas une décision à prendre à la légère...
Si tu observes bien, tu constateras que ce sont souvent les moins qualifiés qui peuvent changer « facilement » de métier. Tu n'as « pas de problème » pour passer de la loge du concierge à la manutention ou au traitement des sols. Mais si tu as vu un jour, un cardiologue devenir rhumatologue ou un chimiste devenir pilote de ligne, fais le moi savoir !
Pourquoi c'est si difficile de changer de métiers ?
C'est simple : si tu as fait de quatre à huit années d'études exigeantes pour devenir un pro qualifié, changer de cap à 180 degrés, c'est effacer ce premier effort souvent en pure perte.
CHANGER D'ORIENTATION : TROIS POINTS À RETENIR !
1/ Réfléchir à deux fois avant de t'engager dans tes études.
Il faut se poser de bonnes questions : A quel type de métiers cela va me conduire ? Y a-t-il des débouchés à la clé ? Ces métiers me plaisent-ils vraiment ?
2/ Eviter (par-dessus tout) le "zapping" scolaire et universitaire.
Passer d'une filière à une autre, en l'espace de plusieurs mois ou années, ça donne peut-être un aspect aventurier, décontracté... mais au bout du cursus : zéro ! Se balader au gré du vent - va comme je te pousse !... - c'est faussement enrichissant. C'est même parfois nul ! Ce qui est enrichissant, c'est au contraire la compréhension intime d'un savoir, d'une technique, d'un métier... Et cela prend du temps, beaucoup de temps. Mieux vaut commencer tout de suite ! Progresser sur un socle solide, enrichir sans arrêt ses compétences de base, voilà l'alpha et l'oméga si tu veux réussir.
3/ Enfin, si tu t'aperçois que tu t'es trompé, que les études sont trop dures ou ne correspondent pas à l'idée que tu t'en faisais... si tu découvres que le métier que tu visais ne te correspond pas, alors n'hésite pas !
Réoriente-toi rapidement : par les temps qui courent, où l'accès à l'emploi n'est pas facile, le temps perdu peut coûter cher.
D'après notre système scolaire, on peut toujours se réorienter. Mais, c'est trop souvent sur une base négative, celle des mauvaises notes obtenues. Attention, dans ce contexte, se réorienter est à double tranchant. Une réorientation doit être pensée, et plutôt deux fois qu'une. Surtout pas choisie par simple facilité ou sur un coup de tête.
Beaucoup plus important que la réorientation, c'est de savoir se projeter dans la carrière. Par exemple, tu aimes les eaux et forêts, mais tu ne te sens pas tout de suite la capacité de faire une prépa pour devenir ingénieur (on t'a dit que c'était très dur !), l'astuce, c'est de faire un BTS dans le même secteur. Après, soit tu continues ces études dans la foulée, soit tu remets ça à plus tard dans le cadre de la formation continue ou de la validation des acquis de l'expérience (VAE).
En résumé : bien réfléchir au choix initial, envisager les progressions de carrière dans sa spécialité, et si nécessaire se réorienter sur des bases rationnelles et surtout positives !
BON COURAGE !
Par Pierre Lunel - Professeur Ecrivain et Yves Dalmau - Haut fonctionnaire / Auteur

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Liste des Commentaires (6)

brandon 17 mai 2017 18:35 #1
Bonjour, je suis actuellement en apprentissage, j'ai 2 semaines ou parfois 1 semaine en cfa, et le reste en entreprise.
Je me suis orienté vers la menuiserie mais ce métier ne me convient plus.
Puis je m'orienter dans une autre direction?
Je n'ai pas encore fini ma 1ère année, que dois je faire?
Quentin 21 juin 2016 17:30 #2
Bonjour,

Je suis actuellement en première année de B.T.S. et je vais bientôt rentrer en deuxième année.
Après réflexion, je compte changer de cursus (et de formation), l'informatique étant un domaine aujourd'hui beaucoup développé et surtout il y a peu de demande.

Je voudrais repartir dans la comptabilité-secrétariat, car finalement je m'y retrouve plus et surtout cela m’intéresse plus. Cependant, je ne sais pas si je dois quand même faire ma deuxième année ou repartir en B.T.S. même en n'ayant aucune connaissance dans le domaine ?

Cordialement
Shana 28 décembre 2015 16:55 #3
Bonjour,

Je suis actuellement en première année de BTS Assistant-Manager mais aujourd'hui je souhaite me réorienter dans le domaine social (faire un BTS SP3S) car je souhaite un jour devenir assistante-sociale.

Cependant, je ne sais pas si je dois recommencer une nouvelle année en septembre 2016 et finir ma première année en cours sauf que je ne suis plus intéressée par ce BTS, déjà d'une part parce que je ne trouve pas de stage, je ne reçois que des "refus" ou pas de réponse du tout.

Je me rends compte que ce que j'apprends ne m'intéresse pas plus, je me sens plus aussi emballée qu'au début puis les professeurs qui mettent la pression tous les jours rien de super au lieu d'avoir du soutien, ils cherchent à te virer...

J'ai ma mère qui est sur mon dos constamment à croire que c'est elle qui fait ses études à ma place du coup elle se permet de décider pour moi.

Sauf qu'aujourd'hui je veux me réorienter et avoir un BAC +2 et me dire enfin j'y suis arrivé.

Dans l'attente d'une réponse.

Cordialement

Shana



Iffeurope 22 décembre 2015 09:38 #4
Bonjour M. Lunel,
Cette fin d'année est particulièrement propice aux questions de changement d'orientation. Cet article me semble plus que jamais d'actualité.
En effet, après leur premier semestre universitaire, de nombreux étudiants évoquent une erreur d'orientation ou plus simplement un décrochage.
Un grande réflexion sur son projet d'orientation est donc essentielle... plus facile à dire qu'à faire. Les étudiants ne se sentent pas toujours accompagnés et voient parfois l'urgence de reprendre une formation dès le mois de janvier. L'urgence peut aussi être financière : pression du loyer, pression des parents qui aident ou paient les études.
En complément à la réflexion et malgré toute urgence, je conseillerais donc de savoir prendre le temps de cette réflexion.
A l'instar de notre école, Iffeurope, certains établissement proposent des programmes d'accompagnement pour la définition d'un projet d'étude et d'un projet professionnel. Ces programmes peuvent commencer en janvier et permettant donc de ne pas décroche du rythme scolaire/universitaire. Ils répondent aux besoins d'accompagnement et de conseil d'étudiants qui peuvent se sentir perdus. Cela peut être la réponse qu'attendent certains !
A nouveau merci M. Lunel et bon courage aux étudiants qui sont en cours réorientation et définissent leur projet d'étude et leur projet professionnel.
Cordialement,

B. Petit
Institut Iffeurope - www.iffeurope.org
Grégoire 19 novembre 2015 13:54 #5
Bonjour,
Il est probablement trop tard pour apporter des éléments de réponse à Alex qui désormais doit avoir trouver une nouvelle orientation (Alex si tu peux nous donner des nouvelles ça serait un plaisir de savoir où tu en es !), mais la question de la réorientation reste constamment d'actualité et plus encore dans les premiers mois de l'année scolaire/universitaire. Erreur d'orientation, décrochage... Les raisons sont nombreuses.
Des écoles et même des universités proposent des cursus permettant d'être accompagnés dans son projet de réorientation et son projet professionnel.
Pour les décrochages en début d'année, je pense par exemple à I'institut Iffeurope qui propose ce type de parcours à partir de janvier (http://www.iffeurope.org/formations/parcours-tremplin/).
Sans passer par là j'ai moi-connu ce problème d'erreur d'orientation et la difficulté de trouver vers quoi me tourner. Et pour reprendre les mots d'Alex, c'est angoissant. Compte tenu des nombreuses questions que je me suis posé et des nombreux avis que l'on a pu me donner pendant les quelques mois précédent ma réorientation, il me semble que c'est une excellente chose de pouvoir être accompagné et de ne pas quitter totalement le cadre scolaire/universitaire.
Bon courage à tous ceux qui sont ou seront dans cette situation, gardez confiance et n'hésitez pas à vous tourner vers des structures qui pourront vous accompagner.