Sébastien Chipot-Delys, Manager Qualité-Assurance ou testeur de jeux vidéo



" Mon quotidien est plus ou moins varié suivant les projets, mais je n'ai pas le temps de m'ennuyer. "

Quel est ton parcours scolaire ?
J'ai d'abord suivi un cursus normal, bac Littéraire, puis n'ayant pas eu le bac, j'ai passé un Bac STT Action Communication Commerciale par correspondance (CNED).
Pas d'études supérieures.
Quel métier exerces-tu ? Pourquoi ce choix, pourquoi travailler dans l'univers des jeux vidéo ?
Je suis actuellement QA Manager (Manager Qualité-Assurance)|Fiche métier testeur de jeux vidéo chez Neko.
J'ai toujours aimé les jeux vidéo depuis que je suis tout petit (j'ai commencé avec la Master System 2 et la NES fin des années 80). J'adore joué aux jeux vidéo en général, et je ne m'en lasse pas. Depuis tout jeune, j'ai toujours voulu travailler dans cet univers, et il est vrai que j'étais assez bon sur les jeux auxquels je jouais (au grand dam de ma mère qui achetait des jeux, comme « Chip and Dales » qui, à l'époque coûtait plus de 500 francs et que je finissais en un week-end...).
Je pense que c'est une passion et que c'est ce qui fait que je peux tester des jeux pendant des heures, jour après jour, sans jamais me lasser.
Ce monde est un monde à part dans l'univers du travail car il permet d'allier sa passion, avec le plaisir de travailler, qui plus est avec des gens qui ont cette même passion, et c'est ce qui fait que chaque jour, je ne regrette pas d'aller travailler.
En quoi consiste précisément ton métier ? Quel est ton quotidien ?
Mon quotidien peut être plein de rebondissements, comme il peut être très monotone vu de l'extérieur.
Il peut arriver certains jours que j'arrive au travail, que je teste le même jeu du matin au soir et que je relève des bugs, que je rentre dans une base de bugs qui sera consultée ultérieurement par les développeurs (programmation|Fiche métier développeur informatique, pour 80% des bugs, graphistes|Fiche métier graphiste, Level Designers|Fiche métier level designer...). Mais il faut être également attentif aux bugs LotCheck/TRC [c'est-à-dire les règles qu'imposent Nintendo/SONY... en termes de mots à utiliser, de règles à respecter selon ce que fait le joueur : afficher tel ou tel message si le joueur retire le DVD sur lequel il joue, s'il déconnecte sa manette...].
Je peux être amené à faire des vidéos, des screenshots qui serviront pour le marketing|Fiche métier directeur marketing avant la sortie du jeu. Il faut dans ce cas avoir un sens plus « vendeur » sur le jeu vidéo sur lequel on travaille et savoir ce qui attirera le joueur vers notre jeu.
Je m'occupe également d'envoyer les jeux en « soumission » chez Nintendo par exemple (il faut envoyer le jeu pour que Nintendo le teste de son côté et nous dise si le jeu est bon pour être vendu ou s'il reste des problèmes à corriger).
Je suis en charge également des « ratings » : envoyer des vidéos avec des descriptifs de ce que contient le jeu [en termes de contenus qui pourraient être offensants pour les plus jeunes] au PEGI (Europe, sauf Allemagne), USK (Allemagne), OFLC (Australie), ESRB (USA), pour qu'ils jugent de leur côté à partir de quel âge les joueurs seront autorisés à jouer à notre jeu.
Je m'occupe également d'envoyer les « paperparts » à Nintendo : les documents qui serviront pour les manuels que l'on retrouve dans les boites de jeu, mais aussi les « Labels », c'est-à-dire le « dessin » que l'on voit sur le DVD même du jeu, ou bien encore les jaquettes des boites de jeu.
Je suis très souvent en relation avec Nintendo car je travaille beaucoup avec eux, puisque je dois leur soumettre beaucoup d'éléments lors du développement d'un jeu.
Mon quotidien est donc plus ou moins varié suivant l'avancement du projet, et le fait de travailler sur des projets plutôt courts en terme de temps de développement fait que je n'ai pas le temps de m'ennuyer. Contrairement à certains qui travaillent sur des projets pendant 3 ans, mes projets en termes de test et « process » n'excèdent jamais 6 mois.
Quels sont les « plus » et les « moins » de ton job ?
Les plus, c'est le plaisir sans cesse renouvelé, de tester des jeux vidéo. Le fait de pouvoir jouer en avant-première à certains jeux. La satisfaction de se dire que le jeu ne comporte pas de bugs (bien que cet aspect soit très subjectif car il se peut que l'on ne voit jamais un bug alors qu'un joueur pourra tomber sur ce même bug). Nous n'avons malheureusement pas assez de temps pour tester un jeu aussi longtemps que le fera un joueur.
C'est ce qui pourrait donc amener vers « les moins » de ce job : le joueur pourra penser que le testeur|Fiche métier testeur de jeux vidéo n'a pas fait son travail correctement alors qu'au final le testeur aura passé des heures, des jours à faire en sorte que le jeu soit jouable et qu'il ne comporte plus de bugs à 99%.
Il faut également garder en tête que le travail de responsable de la qualité des jeux, est, et demeure avant tout, un travail. On ne choisit pas les jeux sur lesquels on travaillera et devoir tester un jeu pour les petites filles de 6 ans (jeu de poney, de cuisine...) n'est pas forcément motivant pour une personne qui ne verrait que le côté « jouer à un jeu qui lui plaît pendant des jours et des jours ».
Il faut être capable de rester concentré pendant de longues heures, et spécialement sur un jeu qu'on a déjà testé 10, 20, 30 fois. C'est ce qui fait la différence entre un bon testeur et un moins bon : la capacité à rester vigilent du début à la fin d'un projet.
On dit que l'univers des jeux vidéo est peuplé de « geek » et de personnes souffrant du syndrome de « Peter Pan ». Mythe ou réalité ?
Je pense que cette idée peut être vraie pour les plus jeunes qui travaillent dans cet univers. On arrive à 20 ans avec plein d'idées, d'espoirs, de rêves, mais plus le temps passe, plus on prend son travail au sérieux et donc on le considère davantage comme un travail avec un planning à respecter, une qualité à apporter au jeu sur lequel on travaille plutôt que pour un amusement.
Cela n'empêche pas de garder son âme d'enfant (et cela reste même primordial car il faut pouvoir se mettre dans la peau d'un enfant pour savoir ce qui lui plaira au final).
Il y a certes des « geeks » qui ne font que penser à jouer, à lire des mangas, à se déguiser en leur héros préféré, mais cela reste une minorité.
Il faut donc savoir travailler dur, avoir des idées toujours nouvelles, ne pas oublier qu'on fabrique des jeux avant tout pour gagner de l'argent, mais tout cela peut se faire dans la bonne humeur et l'ouverture aux autres. Si tous les acteurs du jeu vidéo n'étaient que des « geeks », ou des hommes qui ne veulent pas grandir, peu de jeux verraient le jour. Ils savent simplement ne pas se prendre toujours au sérieux, garder un certain sens de l'humour et faire la part des choses entre réalité et fiction.
A quels projets as-tu participé ? Sur quel jeu as-tu préféré travailler ?
J'ai participé à de très nombreux projets ! En voici quelques exemples, la liste serait trop longue, je crois en être à plus de 30 jeux... Zelda Four Swords, Mario Tennis, Donkey Konga 2, Donkey Kong jungle Beat, Animal Crossing, Horse Life Wii, Lucky Luke : Les Daltons, Maestro Jumpin Music, DodoGo!, CoverGirl...
Il est difficile de dire quel projet était plus plaisant que tel autre. On apprend toujours des choses différentes sur chaque jeu. « DodoGo ! » était très plaisant car il permettait de tester mon côté « hardcore gamer » car c'est un jeu très technique et plutôt difficile. « Cover girl » était intéressant car il m'a apporté des connaissances sur comment fabriquer un magazine. « Donkey Konga » était très divertissant car travailler avec une centaine de testeurs, tous en train de frapper des Konga (TAM-TAM) en même temps, est une expérience unique (et très bruyante !).
Donc je ne pourrais pas dire qu'un seul jeu m'ait plu davantage que les autres, mais que beaucoup ont contribué à garder intacte ma passion pour cet univers.
Si tu étais un jeu vidéo, lequel serais-tu et pourquoi ?
Difficile de donner un seul titre pour cette question. J'ai forgé mon expérience en travaillant dans différents pays (France, Angleterre, Italie, Allemagne) et chacune de ces expériences m'a apporté une expérience unique qui m'a servi dans mon travail de tous les jours.
Je dirais que je garde dans mon cœur, les jeux de ma jeunesse qui m'ont éveillé au jeu vidéo (Super Mario Bros.3 et Wonder Boy 1 sont de ceux-là) et j'y ajouterais des jeux qui m'ont émerveillé malgré les années passées (Red Dead Redemption qui a su surprendre dans un genre, le GTA Like, pourtant déjà bien exploité). La saga des Zelda également reste une saga que je prends TOUJOURS plaisir à retrouver !
Pour résumé, je dirais qu'un jeu comme « Muramasa : The Demon Blade » reflète bien ce que j'aime dans les jeux vidéo : un gameplay et un style old school, déjà vu et approuvé, mais un renouveau bien présent dans son approche, et un style graphique qui surprend là où on ne l'attend vraiment pas (un des plus beaux jeux auquel j'ai joué sur une console qui ne mise vraiment pas sur cet aspect graphique justement !).
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Liste des Commentaires (1)

bMYAGkiYiba 31 mai 2012 11:00 #1
Alors vous continuez sur les ptfelaormes en allant vers le fond de l'e9cran.Vous grimpez e0 l'aide de l'e9chelle de corde sur le mur ..La vous aurez une cine9matique vous sautez sur les poutres et la il va y avoir un GRAND sautPas de soucis vous vous laissez tomber dans le vide en vous pre9parant a appuyer sur le bouton du grappin sinon .. c'est la mort Normalement vous devriez atterrir sur une nouvelle plateforme et il y aura un garde avec un point d'interrogation au dessus de sa teate !!