Virginie, 31 ans, biologiste et ingénieur sécurité



Virginie, quel est votre métier ?
Au CEA, j'ai une double fonction. Je suis biologiste et je m'occupe également de la sécurité au laboratoire.
Au niveau biologique, vous travaillez sur... ?
Certaines maladies neurodégénératives dues à un agent transmissible appelé prion (pour Protéine Infectieuse). Ces maladies entraînent une dégénérescence du cerveau des individus ou des animaux atteints, comme par exemple la maladie de Creutzfeldt-Jakob ("Vache Folle" ou "Tremblante du Mouton").
Et au niveau sécurité, vous travaillez sur... ?
Travailler sur ce type de maladie demande de prendre un certain nombre de précautions car le fameux prion est un agent très tenace et qui résiste notamment à la chaleur et aux produits chimiques couramment utilisés pour désinfecter. Ce n'est pas comme les virus, comme par exemple celui du Sida qui « meurt » rapidement lorsqu'il se trouve à l'air libre. Le laboratoire dans lequel nous manipulons cet agent infectieux est donc extrêmement sécurisé. C'est une « boîte étanche » dont l'air ambiant est filtré, accessible par un double sas dans lequel on revêt la tenue de sécurité adéquate. Le laboratoire n'est accessible que par les personnes possédant un badge d'accès nominatif.
Je me dois de faire en sorte que les gens travaillent en sécurité dans ce laboratoire et de vérifier que toutes les précautions sont respectées à la lettre.
C'est un peu comme dans les films ?!
Un peu en effet, nous portons une blouse, une charlotte sur les cheveux, un masque, une double paire de sur-bottes et une double paire de gants. De plus, presque tout le matériel nécessaire aux expériences est jetable, il est décontaminé, jeté dans des poubelles spéciales puis ces poubelles sont emmenées par une société spécialisée dans la destruction de ce type de déchets.
Au quotidien, que faites-vous comme recherches ?
Nous essayons de comprendre pourquoi le prion n'infecte que certains organes. On ne connaît pas grand-chose sur les mécanismes de transmission de ces maladies. Pourquoi peut-on attraper la maladie de Creutzfeldt-Jakob en mangeant de la « vache folle » par exemple, ou bien pourquoi le prion « préfère » les cellules du cerveau à celles du foie.
Vous travaillez donc avec des animaux ?
Non pas moi. Je me trouve bien en amont de tout ça. Je cultive des cellules dans des flasques en plastique (on dit « in vitro»). Je les infecte avec des prions et je cherche à observer comment elles se comportent. Malheureusement, les cellules ne permettent pas de donner toutes les réponses et certaines expériences sur les animaux sont indispensables, comme pour trouver des molécules efficaces pour guérir de ces maladies, car pour l'instant il n'existe aucun médicament.
Quels problèmes posent actuellement ces maladies ?
L'une des préoccupations est de ne pas pouvoir établir si une personne est en phase d'incubation (la période d'incubation désignant le temps qui s'écoule entre la contamination et l'apparition des premiers symptômes). En effet, les maladies à prions sont des maladies infectieuses très surprenantes car les sujets infectés peuvent vivre tout à fait normalement avec le prion pendant plusieurs dizaines d'années avant que les premiers symptômes n'apparaissent. Il est quasi impossible d'établir un diagnostic lorsque la personne est en vie car le prion se multiplie dans le cerveau, or on ne peut pas faire de prélèvement de cerveau!! Ce n'est donc qu'après le décès de la personne que cela peut se faire.
A quelle maladie connue peut-on comparer celles du prion ?
A la maladie d'Alzheimer. Les gens perdent petit à petit leur mémoire, leur capacité de compréhension et puis leur capacité à se tenir debout, à s'alimenter et finissent toujours par mourir. Les symptômes sont presque les mêmes mais en accéléré.
Y a-t-il des points positifs et/ou négatifs pour ce métier ?
Il y a surtout beaucoup de positif. Ce métier est très enthousiasmant, on ne fait jamais la même chose, on ne réfléchit jamais de la même manière, bref, on ne s'ennuie pas ! De plus je travaille avec une équipe jeune très sympa, nous avons de très beaux labos et de bonnes conditions de travail.
Le négatif, c'est qu'il y a énormément de travail, je suis au labo au moins 10 heures par jour. Mais je l'avoue c'est par choix, je suis une passionnée.
Que conseilleriez-vous à nos ados ?
De travailler leur anglais !!! De nos jours, c'est indispensable !!!

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ÉTUDIANT EN VIRGINIE, 31 ANS, BIOLOGISTE ET INGÉNIEUR SÉCURITÉ

Lise

20 ans

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