Baptiste, 30 ans, chargé de mission au Ministère de l'Ecologie*.



Scientifique, à la recherche de concret et de relations humaines, Baptiste Legay trouve sa voie dans l'environnement. Depuis deux ans et demi il travaille au Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de la Mer. Sa mission : porter la position de la France dans le cadre de l'élaboration des accords de l'« après-Kyoto ».

Quel est votre parcours ?
Après mon bac scientifique, j'ai intégré l'Ecole polytechnique. À la fin de mon cursus dans cette école d'ingénieurs généraliste, j'ai voulu me spécialiser dans l'environnement. J'ai donc intégré l'Ecole Nationale du Génie Rural, des Eaux et des Forêts, à Paris. Ma formation a duré deux ans et ça m'a beaucoup plu !
Une fois diplômé, qu'avez-vous fait ?
J'ai obtenu le poste de chef du service « environnement » à la Direction Départementale de l'Agriculture et de la Forêt du Pas-de-Calais. Je dirigeais une équipe d'environ 25 personnes. Ma mission : trouver une solution aux problèmes d'environnement rural du département. Un poste de terrain qui lie aspect technique et gestion humaine (il faut comprendre chaque position, trouver la solution la plus viable pour tous...). C'était très enrichissant. Trois ans plus tard, j'ai eu l'opportunité de travailler au Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer.
En quoi consiste votre métier ?
Au mois de décembre à Copenhague (Danemark) devrait avoir lieu la signature d'un traité international définissant les modalités internationales de lutte contre le réchauffement climatique, qui donnera suite au protocole de Kyoto qui prend fin en 2012. Depuis deux ans, les pays du monde se réunissent afin d'élaborer ce traité. Mon rôle est de contribuer, au sein de la délégation d'experts français, à porter la position de la France dans cette négociation.
Pouvez-vous nous en dire plus ?
Je m'appuie sur un réseau d'experts (chercheurs, scientifiques, experts français sur tous les sujets de la négociation...), afin d'identifier et de définir les principaux enjeux environnementaux que la France souhaite défendre. Il faut ensuite les faire accepter au niveau européen. En effet, comme pour le protocole de Kyoto, l'Union Européenne parle d'une seule et même voix dans cette négociation. Il faut donc échanger avec les 26 autres Etats membres et autant que possible les convaincre de prendre en compte notre position.
Quatre ans après l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto, quels enseignements pouvons-nous en tirer ?
C'est une première réponse internationale contre le réchauffement climatique. Les pays ont pris conscience de ce problème et se sont engagés à dévier la tendance naturelle de l'augmentation des gaz à effet de serre. Le traité de Kyoto vise à réduire de 5,2 % les émissions mondiales de gaz à effet de serre pour la période 2008-2012, par rapport aux taux de 1990. C'est une grande avancée ; mais le protocole de Kyoto est insuffisant, car il s'arrête en 2012, et car il n'associe pas tous les pays aux efforts de réduction des émissions. En effet, il n'a pas été ratifié par les Etats-Unis ; et les pays en développement n'y ont pas d'obligation formelle de réduction.
La France, va-t-elle atteindre ses objectifs ?
La France, jugée bonne élève, a un objectif de revenir aux niveaux d'émissions de 1990 en moyenne sur la période 2008-2012. Nous ne sommes pas encore en décembre 2012, mais nous sommes bien partis pour dépasser nos objectifs !
Croyez-vous qu'un accord va aboutir à Copenhague ?
Ce second traité doit aller plus loin que celui de Kyoto. L'Union européenne souhaite limiter d'ici à 2050 la hausse de la température moyenne à la surface du globe de 2°C, par rapport au niveau pré-industriel. Si cette hausse est supérieure, les experts prévoient des conséquences dangereuses (l'élévation du niveau de la mer submergeant des zones côtières, la diminution des précipitations réduira la disponibilité en eau...). Pour marcher, il faut donc que cet accord soit ambitieux et que tous les états le signent. Je pense notamment aux Etats-Unis, responsables d'environ 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, et qui n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto. Les discussions ont été réouvertes par Barack Obama, mais il est nécessaire d'aller plus loin. De même, pour le moment, les propositions faites par les autres états ne sont pas assez ambitieuses. Il n'est donc pas certain qu'un accord tel que l'Union européenne le souhaiterait va pouvoir aboutir.
Quels messages souhaitez-vous passer à nos jeunes internautes ?
Ce qui est certain c'est que la fin du pétrole est annoncée et que pour préserver notre planète, il va falloir adopter un nouveau mode de vie. Chaque individu va devoir changer sa façon de vivre. Cet enjeu environnemental nous concerne tous !
D'autre part, je pense que les métiers de l'environnement ont un bel avenir. Alors qu'il y a quelques années, ils étaient marginaux et peu connus, ils vont offrir de belles opportunités aux jeunes qui souhaitent travailler dans l'intérêt général.
* Baptiste Legay, 30 ans, chargé de mission « coordination technique de la négociation des accords de Copenhague sur le climat » à la Direction des Affaires Européennes et Internationales du Ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de la Mer.
Propos recueillis par Diane Dussud
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En 2012, le protocole de Kyoto prendra fin. La communauté internationale se réunira à Copenhague, en décembre prochain, pour donner suite à ce traité phare de la lutte contre le réchauffement de la planète et se fixer de nouveaux objectifs... Lire la suite

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23 ans

École

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Domaine

MASTER EN COMMUNICATION

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