Fadela Amara et l'insertion des jeunes issus de milieux défavorisés



Militante pour l'insertion des jeunes issus de milieux défavorisés au sein de l'élite, Fadela Amara, ex-secrétaire d'Etat chargée de la Politique de la ville, revient sur les nombreux dispositifs mis en place afin de redémarrer l'ascenseur social dans l'enseignement. Rencontre alors qu'elle faisait encore partie du gouvernement.

Cordées de la réussite, internats d'excellence... Vous avez mis en place de nombreux dispositifs en matière de réussite et d'excellence éducative. Qu'en est-il concernant les jeunes issus de milieux défavorisés au niveau scolaire moyen et des élèves décrocheurs ?
Fadela Amara : Tout d'abord, pour que l'ascenseur social redémarre, il fallait que l'élite s'ouvre à la diversité sociale. C'est pour cela que nous avons créé les Cordées de la réussite. Les Cordées de la réussite instituent un partenariat entre des établissements de l'enseignement supérieur (grandes écoles, universités ou lycées à classes préparatoires) et des lycées situés dans des quartiers prioritaires. Ce partenariat prend la forme d'actions multiples comme le tutorat, l'accompagnement scolaire, culturel... Il vise à guider les élèves qui en ont la motivation et les capacités vers des parcours d'excellence. En 2010, 250 cordées ont été labellisées et soutenues à hauteur de 4 millions d'euros. En 2009, 14 000 lycéens issus de zone d'éducation prioritaire ont bénéficié de ce dispositif.
Pour revenir à votre question, les internats d'excellence s'adressent à des collégiens et lycéens motivés, qui souhaitent s'en sortir, mais ils n'y arrivent pas forcément à cause d'un environnement peu favorable à la réussite de leurs études. Ce sont des jeunes méritants, ce qui compte - pour intégrer un internat d'excellence - c'est leur motivation à travailler et à vouloir s'en sortir. Pas leurs notes. Je crois beaucoup en la « méritocratie » ! L'internat d'excellence propose un enseignement de qualité misant sur une pédagogie innovante et un accompagnement personnalisé : aide aux devoirs, activités sportives et culturelles, accès aux nouvelles technologies... A la rentrée 2010, treize internats d'excellence accueillent des élèves. A terme, 20 000 places seront créées pour l'internat d'excellence s'adressant à tous les jeunes méritants.
Nous n'oublions pas les décrocheurs scolaires. Pour cela, dés l'école primaire nous avons mis en place un « parcours scolaire sécurisé ». Il s'agit de repérer les élèves en difficulté scolaire et de les aider grâce à du soutien scolaire, mais aussi en finançant un médecin que les parents ne peuvent pas payer... Il s'agit d'un accompagnement global de l'enfant. C'est un travail avec les professeurs, les parents et l'enfant. Aujourd'hui, 100 000 jeunes sont suivis et accompagnés.
Enfin, nous soutenons aussi Les Ecoles de la Deuxième Chance dont l'objectif est d'assurer, par l'éducation et la formation, l'insertion professionnelle et sociale de jeunes de 18 à 25 ans, sortis du système scolaire depuis au moins un an, sans diplôme ni qualification. Aujourd'hui, 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans aucun diplôme : quel gâchis ! C'est dommageable pour eux et aussi pour l'économie. Ce sont des jeunes, qu'indirectement, les contribuables vont financer.
La première barrière est bien souvent psychologique. Les jeunes issus de quartiers défavorisés « s'interdisent » de penser à faire des études supérieures, prestigieuses ou pas. Les prescripteurs que sont les professeurs et les parents ont un rôle décisif à jouer. Comment les impliquez-vous dans vos plans d'action ?
Fadela Amara : Dans chacun des dispositifs mis en place, nous essayons d'impliquer le plus possible les parents. C'est essentiel qu'ils prennent conscience de l'importance des études et que leur enfant est capable de réaliser des études supérieures. Grâce à des circulaires, nous informons les professeurs des différentes initiatives qui existent : Cordées de la Réussite, Internats d'Excellence...
Avec tous ces dispositifs, l'ascenseur social semble redémarrer... Mais, comment aller plus loin ?
Fadela Amara : Il faut agir en amont, au niveau du collège et le réformer. Je ne crois pas au collège unique, son mode de fonctionnement favorise les inégalités. Il faut donner un grand coup de pied dedans, réunir tous les acteurs autour de la table et réformer ! Il faut que les élèves qui ne sont pas scolaires mais qui disposent d'autres talents, puissent s'y épanouir, sans se sentir rejetés par le système scolaire. Le collège doit s'ouvrir. Cette année, 100 établissements expérimentent un programme avec cours le matin et sports ou activités culturelles l'après-midi. C'est une piste...
Propos recueillis par Diane Dussud
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Liste des Commentaires (1)

Karroud Ahmed 1 février 2015 12:11 #1
Bonjour. J'ai reçu de la part de mon professeur de Maths un stage labellisé Math C2+. Dans le texte de présentation il y a écrit ceci:
Madame, monsieur
Dans le cadre du plan "Une nouvelle ambition pour les sciences et les technologies à l'école"(BO n°10 du 10 mars 2011), le dispositif Math C2+ vise à développer l'ambition pour les jeunes issus de milieux défavorisés, dans la perspective d'études scientifiques...

Je n'ai pas bien compris la phrase qui disait que le projet Math C2+ vise à développer l'ambition des jeunes issus de milieux défavorisés qui veulent faire études scientifiques. Moi je suis un excellent élève, comme disent mes professeurs, mais je vis dans un quartier vraiment très défavorisé qui a beaucoup de jeunes qui ne veulent pas étudier. Moi j'étude beaucoup et j'ai choisi de faire des études scientifiques mais je n'ai pas compris pourquoi devrai-je être un jeune issu d'un milieux défavorisé...ça veut dire que j'ai des problèmes dans mes études? Je voudrais une réponse. Merci!