Ronan, 26 ans, infirmier en psychiatrie


février 27, 2008 I Mise à jour le 30.09.2020
« Je savais que je voulais travailler avec des hommes plutôt qu'avec des machines » Bonjour Ronan, tu es infirmier psy. Où travailles-tu ?
Ronan : Je travaille à l'EPSM (Etablissement Public de Santé Mentale) d'Armentières. J'ai la chance d'être dans une structure très en avance où il y a une bonne équipe. Grâce à mon médecin chef, nous avons pu mettre en place un grand nombre d'alternatives à l'hospitalisation. Il nous tient à cœur de ne pas désocialiser les patients.
Quel est ton rôle là-dedans ?
Ronan : Nous sommes 4 infirmiers à assurer à tour de rôle différents postes. Le premier consiste à préparer les traitements à injecter, à avaler... Le second est celui de coordinateur, cela signifie qu'on s'occupe d'organiser toutes les démarches sociales (demandes d'aide financière, déménagements...) en lien avec les éducateurs, le psychiatre, la famille. La troisième mission consiste à surveiller les patients. Ça ne se limite pas à cela parce qu'il s'agit aussi d'organiser des activités et de parler avec eux. La dernière mission est celle des entretiens infirmiers. Ils sont prescrits par le psychiatre. C'est en quelque sorte des rendez-vous où l'on utilise des techniques bien précises pour permettre au patient de parler. Je galère un peu avec les entretiens... Personnellement, je préfère la surveillance et la pharmacie.
Alors quelle est la différence entre le médecin psychiatre et l'infirmier psy ?
Ronan : Le médecin fait les prescriptions et réalise aussi des entretiens. Il décide des traitements et des projets à mettre en place avec les patients. Mon travail et le sien sont très liés. Les patients nous confient certaines choses qu'ils ne lui diront pas et inversement.
Quand as-tu décidé de devenir infirmier psy ?
Ronan : C'est une longue histoire... Ma maman était infirmière et mon grand-père s'intéressait beaucoup à mon avenir. En seconde, j'avais la possibilité de faire un stage et mon grand-père m'a trouvé une place dans une maison de retraite où j'ai observé les soins infirmiers pendant 2 jours. J'ai découvert un univers qui me plaisait beaucoup. C'est là que je me suis aperçu que je préférerais travailler avec des hommes plutôt qu'avec des robots.
Et pourquoi en psychiatrie ?
Ronan : Pendant mes études à l'école, j'ai fait 5 stages par an ! A chaque fois, je me suis retrouvé dans des équipes soignantes où l'ambiance était très bonne. En deuxième année, j'ai réalisé un stage dans un service de pédo-psychiatrie (la psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent). Avec l'équipe, on a organisé des activités, des animations de création pour les jeunes. Ces infirmiers-là avaient une philosophie de vie qui me correspondait parfaitement et les échos que j'avais de moi étaient positifs. Mes meilleures notes, à l'époque, étaient en psychiatrie.
Tu as l'air passionné par ton métier...
Ronan : Oui ! J'ai eu de la chance de trouver un métier dans lequel je peux être moi-même.
J'imagine qu'il y a tout de même des aspects de ton métier qui sont plus difficiles...
Ronan : Oui bien sûr ! Je commence à 6 heures du matin ! Et puis, la violence est très présente dans mon quotidien. On ne la voit pas toujours, mais ce qui est stressant, c'est de faire en sorte de ne pas avoir une attitude qui va générer des conflits. Tout cela fatigue physiquement et mentalement. C'est éprouvant de courir toute la journée après un patient pour l'empêcher de se suicider ! Il arrive parfois le soir, que j'aie la désagréable sensation de ne pas être aidant, de ne pas être thérapeute...
T'est-il déjà arrivé d'avoir peur pour ta sécurité sur ton lieu de travail ?
Ronan : Oui... Plusieurs fois. Un jour, un halluciné hyper imposant est arrivé à l'EPSM et au lieu de me serrer la main pour me dire bonjour, il m'a senti ! Il se prenait pour un vicking et voyait des dragons partout... Je n'arrêtais pas de me dire qu'il ne fallait surtout pas que je l'énerve parce que s'il lui prenait l'envie de me frapper, j'étais mort ! Mais ce n'est pas quotidien, sinon, il y aurait de quoi s'inquiéter ! Quand les patients arrivent l'important est de créer un bon contact avec eux.
Une dernière question : quelles sont d'après toi les qualités indispensables pour être infirmier psy ?
Ronan : Il faut être bien dans ses pompes. Savoir être à l'écoute et pouvoir s'ouvrir à l'autre. Tu n'es pas là pour faire la morale... Quand tu connais le passé de certaines personnes, et qu'il est complètement contraire à tes propres valeurs, tu te dois néanmoins de le soigner comme tout autre patient. C'est un métier très riche au niveau humain.
Bravo pour ton engagement et bonne continuation.
Ronan : Merci !
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ÉTUDIANT EN RONAN, 26 ANS, INFIRMIER EN PSYCHIATRIE

Cyprien

22 ans

SOUTH CHAMPAGNE BUSINESS SCHOOL (SCBS) - ESC TROYES

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