Psychomotricien : une profession peu connue qui attire de plus en plus de jeunes
Mis à jour le 23 février 2026
Entretien avec Mathilde Akian, Psychomotricienne DE, Titre d'Expert en psychomotricité et Master International en Psychomotricité option Recherche. Actuellement psychomomotricienne au sein du Groupe Hospitalier Paul Guiraud et référente pédagogique à l'ISRP Paris.
La psychomotricité reste une profession peu connue du grand public. Pourtant, elle joue un rôle essentiel dans le parcours de soin de nombreux patients, de la petite enfance au grand âge.
Pour mieux comprendre la réalité du terrain et des études, nous avons rencontré Mathilde Akian, psychomotricienne diplômée d’État et référente pédagogique à l’ISRP. Elle partage avec nous son quotidien, ses conseils et son regard sur cette profession en pleine évolution.
Profession de Psychomotricien : « Il n’y a pas une seule journée type »
Comment se déroule une journée en tant que psychomotricienne ?
« Cela dépend beaucoup de la structure dans laquelle on exerce », explique Mathilde.
En structure, les journées sont relativement classiques, souvent organisées entre 8h et 18h. Le psychomotricien assure :
- Des suivis réguliers de patients,
- Des séances individuelles (30 à 45 minutes),
- Des groupes thérapeutiques (1 à 2 heures).
« Par exemple, tous les mercredis matin, j’anime un groupe boxe. L’objectif n’est pas sportif : on travaille la coordination, la régulation des émotions, la confiance en soi. »
À cela s’ajoutent des temps administratifs, notamment pour la rédaction des bilans psychomoteurs.
En structure, ces heures sont intégrées au temps de travail. En libéral, elles peuvent se faire en fin de journée ou le week-end.
Une profession qui s’exerce en équipe… et en autonomie
Le psychomotricien travaille rarement seul lorsqu’il exerce en structure.
« Nous faisons partie d’équipes pluridisciplinaires : enseignants, infirmiers, psychologues, éducateurs spécialisés, médecins, ergothérapeutes, kinésithérapeutes… »
En séance individuelle, il est seul avec son patient.
En libéral, il reçoit dans son cabinet et organise son planning comme il le souhaite.
Le Psychomotricien peut exercer en mixte, ainsi être en libéral et intervenir sur des missions en structure, en association, en institution…
La crise du système de santé : quel impact ?
Comme beaucoup de professionnels paramédicaux, les psychomotriciens sont confrontés aux tensions du système de santé.
« Ce que l’on ressent surtout, c’est le turnover des équipes en institution, en structure. Cela demande une capacité d’adaptation. »
Cependant, la profession reste protégée par son cadre réglementaire spécifique. Les missions demeurent clairement définies.
« Il n’y a pas de “glissement de tâches” » : les Psychomotriciens ont un cadre d’exercice spécifique et clair. Malgré la crise du système de santé, leur cadre d’intervention reste plutôt bien structuré. ».
Comment les patients arrivent-ils chez un Psychomotricien ?
La plupart des patients sont orientés :
- Par un médecin,
- Par une structure de soin,
- Par des alertes scolaires (notamment pour les enfants).
« On nous recommande de plus en plus tôt dans le parcours de soin. Dès qu’il y a une difficulté d’adaptation, un trouble des apprentissages ou une difficulté motrice associée à une dimension émotionnelle, le bilan psychomoteur est proposé. », explique Mathilde.
Le bilan psychomoteur, au cœur de la profession
Le bilan psychomoteur se déroule en plusieurs étapes :
- L’anamnèse : entretien approfondi avec le patient (et les parents pour un enfant) pour retracer son histoire, ses besoins et comprendre la problématique.
- Les épreuves de bilan : tests et observations, en une ou plusieurs séances selon les capacités du patient.
- L’entretien de restitution : présentation des résultats et proposition d’un projet de soin.
Les séances de suivi durent en moyenne 45 minutes.
Concernant le coût des séances :
- Il faut compter environ 150 € pour un bilan complet ;
- Entre 25 € et 50 € pour une séance de suivi (45 € en moyenne).
Les soins psychomoteurs ne sont pas remboursés par la Sécurité sociale, mais certaines mutuelles ou dispositifs spécifiques peuvent proposer une prise en charge partielle.
Ce que l’on imagine… et ce que la profession est vraiment
Idée reçue n°1 : “Vous travaillez uniquement avec des enfants ou des personnes âgées.”
Faux.
La tranche adolescents et adultes est largement représentée.
Idée reçue n°2 : “Vous travaillez seulement l’aspect moteur et corporel.”
« C’est une vision très réductrice », souligne Mathilde.
La profession s’intéresse autant aux dimensions psychologiques qu’aux dimensions corporelles. Le comportement est analysé dans sa globalité.
Kiné, ergothérapeute, psychomotricien : comment s’y retrouver ?
Les trois professions ne s’opposent pas, elles se complètent.
- Le kinésithérapeute travaille la douleur et la fonction physique.
- L’ergothérapeute s’intéresse à l’impact sur la vie quotidienne.
- Le psychomotricien explore le lien entre le geste, le corps et l’organisation psychique.
Dans un même parcours de soin, un patient peut être amené à consulter les trois professionnels.
Psychomotricien : une profession d’avenir
La psychomotricité est aujourd’hui une profession en plein développement. Face aux enjeux actuels de santé publique — troubles du neurodéveloppement, santé mentale des jeunes, vieillissement de la population, prévention en petite enfance — les besoins en psychomotriciens ne cessent d’augmenter.
Cette dynamique fait de la psychomotricité une profession recherchée et durablement installée dans le paysage paramédical.
💼 Côté rémunération, à quoi s’attendre ?
En sortie de diplôme :
- Environ 1 950 € brut mensuel en fonction publique (premier échelon).
- Environ 2 400 € brut mensuel dans le secteur privé.
Ces montants peuvent évoluer avec l’ancienneté, la structure d’exercice et les responsabilités exercées.
De nombreux professionnels choisissent également un exercice mixte (structure + libéral), un modèle particulièrement répandu dans la profession. Ce choix permet :
- De conserver une diversité de publics (enfants, adolescents, adultes, personnes âgées),
- D’organiser plus librement son emploi du temps,
- D’optimiser ses revenus,
- Et de sécuriser son parcours professionnel.
Étudier la psychomotricité : à quoi faut-il s’attendre ?
Pour exercer, il faut obtenir le Diplôme d’État de Psychomotricien.
À l’ISRP, la formation dure 3 ans.
1ère année
Cours toute la semaine (pas le week-end).
Cours magistraux, pratiques, parcours de médiation, stages d’observation.
2e et 3e année
Deux jours à l’école, le reste en stage ou en alternance.
L’apprentissage est possible dès la deuxième année.
« Trois ans passent vite. On a beaucoup de choses à apprendre en peu de temps. Il faut être prêt à exercer en autonomie à la sortie. Mais on n’est pas non plus sur un rythme de médecine. », nous confie Mathilde.
Les étudiants en formation classique doivent valider un nombre d’heures de stage s’ils ne choisissent pas la voie de l’Alternance.
Stage et alternance : est-ce difficile de trouver ?
Les stages sont obligatoires si l’étudiant ne souhaite pas suivre sa formation en alternance.
L’ISRP dispose d’un réseau de structures partenaires.
L’alternance demande plus de maturité et une projection professionnelle claire.
Tous les cours sont en présentiel.
La majorité des étudiants trouvent leurs stages près de leur domicile et se déplacent au campus pour les cours.
Les trois conseils de Mathilde aux candidats
L’admission se fait via Parcoursup et entretien oral.
Ses conseils :
- Ne pas se laisser envahir par le stress.
« L’entretien passe vite, il faut parler. » - Bien se renseigner sur la profession.
« Savoir ce qui attire réellement : la relation, le travail corporel, la diversité des publics. » - Rester authentique.
« Cela ne sert à rien de jouer un rôle. Il faut se présenter avec sa personnalité et son dynamisme naturel. »
Psychomotricien, s’engager dans une profession humaine et évolutive
Mathilde résume en trois raisons :
- Travailler avec un public large, du bébé à la personne âgée.
- Utiliser des outils variés : créativité, expression, médiations corporelles.
- Ne jamais s’ennuyer et grandir soi-même au contact des patients.
Son mot de la fin
« On se trouve dans la profession pendant les études. C’est là que l’on découvre vraiment ce qu’est la psychomotricité. On en apprend autant sur soi que sur la profession. »,
Entretien avec Mathilde Akian, Psychomotricienne DE, Titre d'Expert en psychomotricité et Master International en Psychomotricité option Recherche. Actuellement psychomomotricienne au sein du Groupe Hospitalier Paul Guiraud et référente pédagogique à l'ISRP Paris.
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